Plus de légumes ? Les 4 piliers du potager pour produire des kilos

Publié par François le

Vous espérez énormément de votre potager.

Si vous retrouvez ici, à lire ces lignes, c’est parce que votre jardin compte beaucoup pour vous. Sinon vous ne passeriez pas autant de temps les ongles noircis de terre. Vous iriez à Carrefour, pèseriez vos tomates et fonceriez direct à la caisse. Point barre.

Vous faites partie de ce groupe un peu à part : les jardiniers. Vous savez que vous avez créé un endroit pour vous connecter à la nature. Pour apprécier le vrai goût des choses.

Tous vos efforts n’ont qu’un objectif commun : la production de légumes. Sans vos légumes, tout ce temps passé à vous casser le dos n’a aucune raison d’être.

Toute cette patience et cette persévérance, cela force le respect. Mais combien de temps allez-vous tenir avec votre poignée de tomates cerises ?

C’est un triste constat : des milliers de jardiniers amateurs accumulent des paniers vides.

Vous vous demandez surement : « Mais m…. ! Pourquoi ça ne donne rien ! ».

Je vais vous dire pourquoi votre potager ne produit pas. Et pourquoi, au contraire, il pourrait vous offrir des kilos de légumes. Ouvrez bien vos mirettes.

Votre potager ne produit pas de légumes car il ne respecte pas les quatre piliers de la fertilité.

Non, ce n’est pas seulement une mauvaise association entre les plantes compagnes, ou un problème de rotation des cultures.

Vous pourrez dépenser plusieurs dizaines d’euros dans une grelinette, cela n’y changera rien. Vous pourrez toujours planter des œillets d’inde ou installer des hôtels à insecte encore et encore, vous n’aurez pas le rendement espéré.

Peanuts.

Vous n’aurez pas de fertilité, vous ne ferez pas grossir vos plantes, et tout le monde se fichera de votre petit potager sans intérêt, perdu dans un coin de votre jardin.

Tout bêtement parce que vous ne respectez pas les quatre piliers du potager productif.

Pilier n°1 : Vivre ou laisser mourir

Imaginez que vous vouliez ouvrir un restaurant d’entreprise. A votre avis, feriez-vous de bonnes affaires si votre cuisine était constituée d’une planche et de deux tréteaux ? Non. Vous auriez l’air d’un amateur incapable de servir des plats à ses employés pour la pause déjeuner.

Le sol, c’est un peu comme cette entreprise. Un lieu où des milliers d’organismes peuvent cohabiter et travailler pour vous, à condition de leur fournir de quoi se nourrir. Si votre restauration n’est pas à la hauteur, ils plieront bagage. Adieu à votre productivité.

Vous avez juste besoin d’un sol qui grouille de vie. Vous devez apporter tout le nécessaire pour les vers de terre, les champignons, et les bactéries.

Ce qui tue votre potager, c’est l’absence de ces ouvriers. Comme une grande usine délocalisée dans laquelle il ne reste plus que quelques machines au milieu d’une pièce vide.

Alors, attirez-les.

Faites venir les vers de terre, bourreaux de travail qui creusent à longueur de temps des galeries dans lesquelles l’oxygène circule. Sans eux, pas de développement et de croissance des racines.

Faites proliférer les bestioles microscopiques qui créent les micro agrégats de terre et la microporosité. Grâce à leur boulot, le sol stocke une quantité démentielle d’eau.

Faites vivre les champignons, qui forment des réseaux filamenteux qui prolongent les racines les plantes.

Cultivez les bactéries, qui fournissent les minéraux indispensables aux plantes.

Sans ces travailleurs de l’ombre, pas de légumes.

Imaginez un peu si votre potager était plein de vie. Imaginez-vous comme Olivier qui ramasse à pleine main les vers de terre. Projetez-vous en Didier du Potager du paresseux qui fait proliférer les filaments de champignons.

Cela fait vraiment rêver, pas vrai ? Mais ce n’est pas qu’une histoire de chance. Comme au zoo de Beauval, tous pratiquent le nourrissage des animaux.

Vos amis

Que faire ?

Etape 1 : Donnez un petit coup de pouce au départ

Si vous êtes comme moi et que vous partez d’un sol super compact, aérez votre sol au départ. Décompacter grossièrement.

Pourquoi ? Pour faciliter la tâche à vos ouvriers.

Relax. Pour un petit potager, vous n’avez pas besoin de vous fournir en matériel coûteux comme une grelinette. Utilisez une fourche bêche.

Le travail du sol n’est pas ma tasse de thé, donc je préfère rester dans du basique. Un passage sur 15/20 cm de profondeur, sans retourner. Cassage de mottes au râteau ou la griffe. Pas de motoculteur. Et interdiction de marcher sur les zones de culture par la suite. Je vous ai à l’œil !

Décomptage au potager
Huile de coude indispensable pour l’installation d’un nouveau carré.

Etape 2 : Amendez

Si votre sol n’a jamais été utilisé comme potager, apportez du compost. Ce produit est peu concentré en éléments minéraux, mais il permet d’améliorer la structure du sol, et facilite la formation d’humus. Vous jouez sur le long terme.

Je me suis mis à fabriquer mon propre compost. Il me permet de recycler mes déchets verts. Mais la maturation dure plusieurs mois, et on ne dispose pas toujours du matériel au bon moment. Alors trouvez une déchetterie, ou plateforme de compostage près de chez vous, et demandez s’ils en vendent en sac.

Si vous n’avez pas d’autres options, achetez des produits équivalents, par exemple des mélanges de fumiers et d’algues en sac.

Or brun
Pour des petites surfaces, des produits de substitution au compost sont bien utiles

Etape 3 : Servez le repas en surface

Apportez le maximum de matières organiques en surface, et laissez la nature faire. Rien de plus simple.

Profitez des mois d’automne, et rassemblez vos déchets : feuilles mortes, tontes de gazon, paille, foin, fumiers, broyats, taille de haies…. Broyez au maximum au préalable pour faciliter la décomposition Vous pouvez aussi déposer vos restes de cuisine, façon compostage de surface.

Faites attention, chaque paillis a ses avantages et inconvénients. Préférez un produit équilibré, comme du foin ou mélangez les matières sèches riches en carbone (broyats, paille, feuilles mortes) avec des matières plus azotées (gazon).

Etape 4 : Faites pousser des engrais verts

J’ai passé des saisons à pailler mes carrés potagers. J’en ai testé des tas, sans jamais avoir le résultat que je voulais. Il y avait toujours un souci. La composition était trop carbonée, ou trop azotée. Le sol était trop froid au printemps. Je n’ai observé aucun résultat net sur le sol en profondeur.

J’ai donc décidé de semer des engrais verts sur certaines parcelles.

Ces plantes ont plusieurs propriétés : elles décompactent le sol, et une fois fauchées, elles font office de paillage nutritif.

Je sème un mélange de moutarde, trèfle incarnat, seigle, vesce, phacélie. En automne, la moutarde est gigantesque. Les autres plantes sont sur les starting-blocks pour exploser au printemps.

Une fois fauchées et déposées en paillage, je n’ai plus qu’à planter mes légumes dans un sol bien aéré.

Engrais verts
Au mois d’octobre, la moutarde est gigantesque! Les autres plantes attendent leur heure pour exploser…

Etape 5 : Déléguez à mesure des années

Pour les permaculteurs, travailler son sol, c’est une infamie.

Des gestes trop brutaux peuvent tuer votre fertilité. Pour la bonne raison que l’on anéantit toute la structure construite par les organismes vivants. Une vraie bataille de Verdun.

Je suis convaincu qu’il faut respecter au maximum le non-travail du sol, mais il me paraît souvent indispensable d’accélérer les choses au départ. Je vais vous raconter mon cas.

En testant la technique du couvert de foin sans aucun travail du sol, je n’ai pas vu de résultat probant. A peine une petite couche décompactée en surface. Je suis certain qu’après plusieurs saisons, la nature aurait fait son job. Et je suis aussi conscient que cela dépend de mon sol de départ : peut-être cela marcherait de manière sensationnelle chez vous.

Quand la vie se sera installée correctement, vous pourrez réduire le travail. Vous pourrez déléguer le job à vos ouvriers.

Sol en profondeur
Sol sous foin et sans travail du sol. Je creuse à peine et la terre est toujours extrêmement compacte.

OK. A cette étape, votre sol n’est plus un repoussoir pour les bestioles. Ça prolifère. Dans votre entreprise, vous n’avez plus ce vulgaire distributeur de sandwich dans le couloir. Vous avez un beau et opulent restaurant d’entreprise.

Occupons-nous maintenant un peu des plantes.

Pilier n°2 : Le monde ne suffit pas

Alerte rouge. Je vais vous parler d’engrais.

Je vois déjà bon nombre d’entre vous à deux doigts de fermer leur fenêtre web.

Calmos …

Je ne parle pas ici des engrais chimiques utilisés en masse dans l’agriculture. Je veux aborder la fertilisation à partir des engrais organiques, d’origine naturelle.

Quand on parle fertilisation, on vise à nourrir la plante plutôt que les organismes du sol. On fournit les minéraux directement assimilables.

Vous vous demandez : “Mais pourquoi dois-je ajouter des engrais alors que j’ai fait tous les apports inimaginables de compost et de paillage ?!”

Voici la réponse : parce que les apports sont souvent bien trop carbonés et que votre sol présente probablement des carences.

Je ne prétends pas que ce que je dis soit la vérité pour tout le monde. Mais c’est ce que je crois après des heures passées dans mon potager.

Laissez-moi vous raconter l’histoire d’un de mes échecs.

Un potager qui laisse sur sa faim

Il y a quelques années, je n’avais d’yeux que pour les couverts de matières organiques en surface. J’imaginais des résultats spectaculaires sur mon sol.

J’ai bossé comme un taré. Des apports de feuilles mortes et de paille en veux-tu en voilà.

Catastrophe : dans ces parcelles, aucun pied de tomates n’a réussi à tenir le coup.

Pourquoi ? Parce que j’avais totalement sous-estimé la faim d’azote.

Quand on parle faim d’azote à des débutants en potager, ça ne parle à personne.

Elle s’opère quand on importe massivement des matières organiques riche en carbone. Un exemple classique ? La paille. Les microorganismes utilisent massivement l’azote du sol pour dégrader toute cette matière organique.

Plutôt ballot : cette mobilisation de l’azote se fait au détriment des jeunes plantes qui en ont besoin. Résultat : arrêt de croissance et jaunissement.

Un apport de matières riches en azote dans le cadre d’une fertilisation peut contrebalancer ce souci.

Je n’ai pas dit que l’apport d’engrais était systématique : il me paraît surtout important pour un sol où vous faites pousser des cultures exigeantes (par exemple la courgette)

C’est également utile en cas de sol carencé. Rien ne différencie au premier abord un sol carencé en minéraux d’un autre. Mais quand vous commencez à y faire pousser quelque chose, vous vous apercevez que quelques chose cloche.

Pour que votre potager marche VRAIMENT, vous devez mettre toutes les chances de votre côté. La fertilisation permettra d’assurer vos arrières.

Paillage de foin et feuilles mortes
Le paillage en automne nourrit votre sol… mais attention au retour de bâtons au printemps !

Actions

Attendez le printemps : les quantités d’azote dans le sol sont encore pauvres.

Vous pouvez vous procurer des engrais organiques dans le commerce : farine de plumes, sang desséché, guano…

Autre idée : fabriquer des engrais naturels : purins d’ortie, purin de consoude. C’est très attirant sur le papier, mais cela exige un peu de technicité et de ressources végétales.

Vous connaissez l’engrais 100% maison et naturel que tout le monde est capable de produire ? Je vous laisse le découvrir dans ce livre. C’est un produit parfait en complément du compost. A condition de franchir la barrière psychologique…

L'urine de l'or liquide au jardin

La fertilisation vous aidera de passer du stade « Bof bof, ça craint » à « Hey ! Mais ça pousse !». Parce que les plantes auront accès à des minéraux essentiels.

Gardez en tête que nourrir les plantes ne doit pas être votre objectif à long terme : vous devez nourrir d’abord le sol PUIS les plantes. Cette fertilisation doit se faire en parallèle du premier principe : construire un sol vivant.

Et rien de tout ça ne serait envisageable sans le 3ème pilier.

Pilier n°3 : Skyfall

Vous avez des laitues qui flétrissent dès le mois de juin ? C’est le signe que votre sol est un peu sec.

Oserais-je dire aride ? Oui j’ose.

Si vos plantes n’ont plus de quoi siroter, elles périssent. Elles sont comme vous et moi. Restez une journée coincé dans votre Clio sur l’autoroute A6 en plein mois d’août, et on en reparlera.

Il va falloir imprimer une chose dans votre calebasse : les plantes ne peuvent pas survivre sans eau. Même si beaucoup de gens tentent de vous faire croire le contraire.

Prenons l’exemple de la culture des tomates “sans eau”.

Pourquoi certains vendeurs de graines arrivent à passionner les internautes avec leurs prétendues graines ne nécessitant aucun arrosage ? C’est simple : cela fait rêver.

Pourtant, tout le monde sait qu’en installant un potager, il faudra se coltiner les séances peu réjouissantes du tuyau d’arrosage après le dîner. Mais l’esprit s’obstine à s’imaginer que l’on peut faire sans.

Mon dieu. J’ai tellement cru en des « méthodes ». J’ai tellement fantasmé sur ces potagers qui se contentent de l’eau des pluies.

J’en ai oublié qu’il fallait que je prenne en compte MA propre situation. Imiter quelqu’un, c’est bien. Mais il faut aller plus loin dans la réflexion.

Prenez une minute et vous allez comprendre pourquoi il y a tant de différences entre les espérances et la réalité.

Connais-toi toi-même !

Imaginez deux potagers. Jean et Jeanne plantent des tomates au mois de mai. Tous deux font le choix de ne rien arroser. Ils ont un “secret” : celui de pailler avec du foin.

Regardez Jean. Au bout de quelques semaines de canicule du mois de juin, il est déprimé. Car tous ses plants ont rendu l’âme.

Maintenant, regardez Jeanne, heureuse, fière d’affirmer qu’il n’y a vraiment que des imbéciles pour se trimbaler des arrosoirs.

Deux jardiniers qui plantent la même chose : l’un a tout perdu tandis que l’autre déguste des Noires de Crimée tout l’été.

Pourquoi ?

Parce que Jeanne ne part pas du même environnement de départ. Appelons ça l’inégalité devant le sol.

Jeanne possède un sol est de type argilo-limoneux, sans caillou, profond. Un taux de matière organique élevé, conséquence d’apports réalisés depuis des années.

Résultat ? Une énorme réserve d’eau dans le sol. Jeanne a de belles heures devant elle.

Jean, quant à lui, a hérité d’une terre sableuse, remplie de cailloux, et peu profond. Un sol clair, sans matière organique. En terme de capacité de stockage d’eau, c’est la catastrophe.

J’oubliais. Jean habite le Gard et Jeanne habite les Côtes d’Armor. Le jour et la nuit en terme de pluviométrie et température.

Jeanne est l’exemple type de la jardinière chanceuse, et qui n’en a peut-être même pas conscience. Le foin n’est que la cerise sur le gâteau pour réduire l’arrosage à zéro.

Jean aura beau pailler, il peinera à conserver l’eau de son sol. Le foin limitera seulement les dégâts.

Le résultat obtenu obtenu chez l’un n’est pas toujours reproductible chez l’autre

Ne tentez pas le diable

Je pourrais écrire un article entier sur cette question du potager sans arrosage. Oui, vous pouvez vous passer d’arrosage si vous réunissez tous les critères. Mais cela ne doit pas devenir pour vous une fixation.

Si vous voulez que vos haricots grimpants vous dépassent, il leur faudra un sol humide. Les microorganismes eux aussi auront besoin d’eau pour fournir des minéraux à vos courgettes. Pas d’autre moyen.

Votre sol doit être comme une belle usine à plein régime. Les ouvriers, ce sont tous les organismes vivants. L’eau, c’est l’électricité qui fera tourner les turbines et les chaînes de production. L’un ne va pas s’en l’autre.

Les légumes sont exigeants : plusieurs litres par mètre carré et par jour. Il est tellement facile de sous-estimer les besoins.

Maintenir la juste quantité d’eau est un art, mais il existe trois façons simples de le maîtriser.

Technique n° 1 : Paillez votre sol.

Pailler est certainement la méthode la plus simple et pour limiter les pertes d’eau lié à l’évaporation. Ne vous contentez pas d’une petite épaisseur : visez le toit de chaume.

Regardez mon article sur l’amélioration du sol : le paillage peut faire double emploi en apportant dans le même temps de la nourriture à vos travailleurs du sol.

C’est un conseil applicable partout, incontournable à mon sens. Mais répétons-le, il ne garantit pas le zéro arrosage. Le paillage réduit les pertes, mais ne crée jamais de l’eau ! Et attention à la faim d’azote.

Un mélange carbone / azote peut être un bon compromis pour obtenir un paillis équilibré

Technique n°2 : Arrosez moins souvent mais en plus grande quantité

Oubliez la mauvaise habitude d’arroser un peu tous les jours. Vous ne faites que mouiller la surface. Vous avez déjà vu un camionneur s’arrêter à chaque station-service pour refaire le plein ?

L’objectif est ici de remplir la réserve d’eau en profondeur.

En dehors des semis, le sol n’a pas forcément besoin d’être humide en surface. Une fois le gros arrosage réalisé, la terre s’assèchera en surface et l’eau plus en profondeur cessera de s’évaporer pour rien.

Technique n°3 : Installez un goutte à goutte.

Si votre temps est compté, ne cherchez pas longtemps : le goutte à goutte est la solution idéale.

Je l’ai mise en place pour mes carrés potagers il y a deux ans. Le résultat a été tout bonnement bluffant.

Pour un petit potager de débutant, il suffit de se procurer un kit de démarrage “clef en main”. Installez un régulateur de pression sur votre robinet. Poursuivez par un tuyau 16 MM. Disposez des goûteurs réglables à intervalle réguliers. Tournez le bouton du robinet et laissez le système bosser pour vous.

Vous allez apporter la quantité suffisante et régulière d’eau pour vos plantes. Elles vont adorer.

Le nec plus ultra ? Installez un programmateur. Il n’y a plus qu’à récolter.

Goutte à goutte
Goutteurs au plus près des plantes: le circuit court !

Sol humide en profondeur : un objectif que tout bon jardinier doit atteindre. Son arrosage est directement dépendant du 4eme pilier de fertilité.

Pilier n°4 : GoldenEye

J’ai discuté il y a peu de temps avec mon voisin qui me disait qu’il n’avait pratiquement jamais récolté une fraise ni une tomate dans son jardin à quelques dizaines de mètres du mien.

Pas le genre de mauvais jardinier : il possède un autre potager très productif à quelques kilomètres de là.

Alors la faute à qui ?

Aux énormes arbres répartis dans son jardin. Aux haies immenses de thuyas qui entourent sa maison.

Cultiver à l’ombre ne vous apportera pas de légumes. Si la lumière ne pénètre votre potager, aucune plante ne pourra réaliser sérieusement sa photosynthèse.

Vous pourriez toujours cumuler de magnifiques journées d’été, mais avec moins de 2h de soleil par jour, vos courgettes resteront ridiculement petites. C’est comme espérer produire de l’électricité avec des panneaux solaires dans leur emballage.

Le meilleur moyen de faire grandir votre production est de connaître les exigences de chaque légume pour le soleil. Appuyez-vous sur les références des livres, ou des paquets de graines.

N’oubliez pas non plus les impératifs de température minimale pour le semis de certaines graines.

Faites également attention au soleil pour une simple et bonne raison : les bactéries du sol ont besoin de chaleur pour proliférer. Au printemps, plus votre sol se réchauffera précocement et plus l’apport en minéraux sera conséquent.

Les intérêts du soleil au potager sont simples. Et pourtant la majorité des débutants n’en ont pas conscience.

Attention à l’excès inverse. Cette année, j’ai assisté à des mois sans une goutte de pluie. Mes fleurs de tomates ont cramé. Catastrophe.

Les étés caniculaires s’enchaînent. Si vous croyez que la situation va s’arranger, vous vous fourrez le doigt dans l’œil. Il va falloir composer avec. Des système d’ombrage peuvent alors s’avérer utiles.

L’ensoleillement, comment je m’y prends ? C’est simple.

Je sélectionne une zone de jardin exposée au sud ou sud-ouest pour l’installation de mon potager.

Une fois le plan des carrés élaboré, le liste les plantes qui sont les plus exigeantes. Grosso modo, ce sont les légumes fruits : les tomates, aubergines, poivrons…  Je les positionne sur les zones les plus ensoleillées.  Je réserve les autres zones pour les autres cultures.

Par exemple, certains de mes carrés sont exposés continuellement dans la journée. Parfaits pour les tomates, les haricots. Certaines zones sont partiellement à l’ombre d’un noisetier : je les réserve à des plantes qui craignent un peu le soleil : laitues, basilic, épinards…

C’est un petit boulot de préparation et d’observation, mais gardez en tête qu’un carré de tomates bien exposé est plus productif que des dizaines à l’ombre.  Cela vaut la peine de se gratter la tête.

C’est à votre tour

Qui a dit qu’obtenir des légumes se faisait en un coup de baguette magique ?

Oui, vous allez devoir rendre votre sol le plus vivant possible. Oui, vous devrez compenser certaines carences par des apports en engrais. Oui, il faudra apporter de l’eau en quantité suffisante. Oui, il sera nécessaire d’offrir un bain de soleil à vos légumes.

J’aurais aimé vous faire croire qu’il suffit de creuser un trou dans le sol, d’installer des plants du commerce, de recouvrir d’un paillage et de laisser la nature faire. Malheureusement, non. Le développement de votre potager réclame bien plus que cela.

La bonne nouvelle, c’est que ce n’est pas si difficile que cela à mettre en place. Il suffit juste de concentrer votre temps sur ce qui marche vraiment.

Maintenant, imaginez que votre petit potager devienne enfin productif. Imaginez que vos légumes fassent enfin une taille respectable. C’est la clé pour pouvoir déguster de bons produits frais. Et qui sait, peut-être un jour, atteindre l’autonomie ?

A vous de transformer vos carrés en usine à légumes. Il suffit de vous y mettre. Maintenant, aujourd’hui, pour de vrai.

Vous aussi, expliquez-moi ce qui vous pose problème en commentaire :

Voilà un peu moins d’un an que ce site est ouvert. Plusieurs mois durant lesquels vous avez peut-être lu un de mes articles sur le potager sur petite surface, sans prise de tête.

Vous avez probablement des problématiques qui bloquent le développement de votre petit potager.

Nous pouvons travailler ensemble pour surmonter toutes ces difficultés. Mais j’ai besoin de les connaître.

Alors racontez-moi : est-ce en rapport avec le planning des cultures ?  Avec votre sol ?

Je lis tous les commentaires, et j’essaye d’y répondre au maximum. Parcourons ensemble ce chemin semé d’embûches. Dites-moi avec quoi vous vous battez, et je vous écouterai.

Catégories : Techniques

10 commentaires

MARAIS · 13/11/2020 à 9:15

Bonjour,
Puisque vous le proposez, allons-y…
Mon problème : les bestioles !
Les limaces et les cloportes qui mangent mes tomates, mes carrés potagers envahis de fourmis, avec pour conséquence des pucerons en plus sur les feuilles et dans les fleurs des potimarrons et courgettes.
A part attirer les pucerons, les fourmis sont-elles nuisibles dans le potager ?
Que faire pour repousser toute cette faune ?
D’avance, merci pour les conseils.
Cordialement.

Fruidom · 13/11/2020 à 11:15

Bonjour François,
Merci pour cet article ! J’en suis à la 5ème année d’essais et erreurs…
La terre de mon potager est très riche. Il a reçu beaucoup de fumier de cheval il y a plusieurs années et était partiellement à l’abandon quand je suis arrivé. La terre est noire et très riche en vers de terre et… liseron. Le combat contre l’envahisseur, le liseron, m’a amené à descendre assez profondément pour aller chercher les racines au plus loin possible. J’en ai profité pour regarder ma terre en coupe : 30cm de belle terre sur de l’argile pure !
Après recherches, observation et réflexion, j’ai compris qu’il y avait un problème de densité du sol.
Il m’a fallu 3 ans quand même… mais,
– quand tu es obligé de prendre la pioche pour aller chercher tes patates ou d’attendre une bonne pluie pour ramollir un peu le bidule (et tu rentres à la maison avec la moitié du potager collé aux godasses),
– quand tu passes les 2/3 de ton temps-jardin à récolter le liseron, qui pousse aussi vite que tu l’enlèves,
ça force quand même à réfléchir entre déménager et tout arrêter…
En fait, il semblerait que tout les habitants du sous-sol étouffent en période de sècheresse parce que la terre est trop compacte et leur seule solution est d’aller chercher les racines dormantes pour respirer.
Le paillage leur permettait de vivre en surface et l’ajout de sable améliorait un peu les choses mais pas de façon significative.
A l’automne 2019, j’ai essayé l’engrais vert, un mélange à base de vesce de chez germinance, sur une parcelle (4X3m). Un vrai miracle :
– Les pieds de liseron ont diminué de près de 60% (entre les graines et les bouts de racines qui marcottent),
– Au plus sec, je pouvais toujours enfoncer le doigt dans la terre sans forcer alors que sur les autres parcelles, debout sur la grelinette, ça ne rentrait pas, même en sautant !
Du coup j’en ai semé à peu près partout cet automne, il manque les fraisiers. J’hésite car je ne sais pas ce que ça va donner une fois tout fauché et comme l’engrais vert à tendance à repousser… je réfléchis.
J’ai ma réserve de foin, 2 composteurs, des cuves pour récupérer l’eau de pluie, 10 pieds de consoude et je vais peaufiner le réseau d’irrigation pendant l’hiver pour être au top.
Me manquait plus qu’à faire « pipi partout » pour compléter l’apport en engrais naturel et minéraux (merci pour le tuyau).
Je suis en train de bosser sur un abri à tomate pour atténuer le « chauffage solaire » parce que j’ai cueilli mes tomates, vertes, en septembre. Toutes les fleurs ont cramé pendant l’été sauf dans la serre qui a pourtant dépassé les 40°… Je suis dans le nord Aveyron à 800m d’altitude.
J’y crois !
Merci pour ton article et à bientôt

De Vecchis Angela · 13/11/2020 à 12:31

Merci beaucoup pour cet article. Bien claire et précis.

Sandra · 13/11/2020 à 5:40

Je connais une autre manière de faire des économies d’arrosage tout en donnant ce qu’il faut à la plante. C’est une très vieille technique : les Oyas. Essayez c’est génial!

Laurence · 13/11/2020 à 9:18

J’ai un sol très argileux, de la glaise, très sec l’été avec des crevasses et l’hiver l’eau stagne sur le dessus. Après moult apports : fumier, cendre, sable…. peu d’amélioration. J’ai pris le parti de faire des bacs surélevés de 20 à 30 cm avec apport de compost et terreau. La terre est belle mais malheureusement mon potager se situe à 2 m côté ouest d’une bande de vieux pommiers et ceux ci envahissent par leurs racines mes bacs potagers. Celles ci remontent jusqu’en surface et font un tapis inextirpable de cheveux racinaires où il devient impossible de planter quoi que ce soit. De ce fait, je suis obligé de bécher mes bacs une à deux fois par an pour enlever les racines, cela devient épuisant… si je ne le fais pas, je ne récolte rien car tout va vers les arbres et non aux légumes. Par contre en bêchant, je détruis une partie des vers et les filaments des champignons. Je retrouve des racines à plus de 5 m des troncs des arbres ce qui fait une grande partie de mon potager. Auriez vous une solution pour m’aider ? Cordialement

François · 14/11/2020 à 2:36

Bonjour Fruidom. Tout d’abord, merci d’avoir pris le temps de rédiger ce long message! Je me retrouve beaucoup dans test propos. C’est rassurant! Je n’ai pas les même problématiques de terre argileuse, la mienne étant limoneuse, a priori selon mes premiers tests. Mais ceci dit, j’ai les mêmes difficultés de terre dense. Tu as les mêmes soucis que Olivier Puech du Potager d’Olivier.
Ce que je constate quand je lis ton experience, c’est que le paillage ne fait pas tout. Et ton retour sur les engrais verts sont vraiment très encourageants! C’est pour cela que je mise dessus cette année, j’ai même fait une plantation de fraisiers dans un couverts de trefle incarnat! Cela n’elpechera pas d’utiliser un paillage de foin (mis en reserve également!), et de tester plusieurs technique sur différentes parcelles.
Pour le « pipi partout » attention tout de même, il y a une méthode ! Elle peut se resumer à 3L/ metre carré pur en une fois, ou 50 cl dans un arrosoir de 10 L à renouveller tous les 15 jours. Jamais essayé…
Quant à ton abir, c’est vrai que cela parait de plus en plus nécessaire.
Encore merci pour tes commentaires. On se tient au courant des avancées !

François · 14/11/2020 à 2:42

Merci Angela de ce gentil retour.

François · 14/11/2020 à 2:57

Bonjour Sandra
C’est en effet une méthode très à la mode en ce moment. Mettons de côté le prix assez conséuent des oyas : ils peuvent en partie etre fabriqués soi même, bien que la qualité de porosité ne soit pas tout à fait identique aux originaux. Le principe est vraiment top : diffuser l’eau de manière progressive, et adaptée à l’humidité du sol. Je pense que l’utilisation des oyas et leur succès reposera également sur le sol de départ du potager. Si on imagine que Jeanne utilise des oyas, elle en sera très contente, et pourrait affirmer que tout son succès repose sur eux. Alors que la qualité de son sol est le principal élément moteur.
Je n’ai jamais utilisé d’oyas, mais pourquoi pas! Je ne sais pas quel est le retour des personnes qui ont subi la canicule cette année. Il fallait probablement les remplir tous les jours ?

François · 14/11/2020 à 10:34

Bonsoir Laurence. Quelle aventure! On dirait que vous accumuler plusieurs problématiques qui vous gachent la vie. Premièrement, le sol . Vous avez vraiment bien fait de mettre en place ces surrélévations. Dans ce type de sol dit « hydromorphe », qui accumule l’eau, il est nécessaire de faire ce type de potager en butte. Tout irait bien si … il n’y avait pas ces fichus pommiers! Vous avez réussi à résoudre le problème du sol, mais vous ne pourrez malheureusement pas modifier le choix de l’emplacement. Je compare cela à l’immobilier : vous pourrez penser que vous logez dans une maison magnifique et répondant à tous les critères, si elle est située au bord de l’autoroute, elle ne se revendra pas… Le souci des racines est double : elles prolifèrent dans votre potager, donc nécessite un béchage, maisen plus, elles vous pompent l’eau et les nutriments de vos plantes.
Ma question est donc la suivante : n’avez vous pas intéret à changer d’emplacement ? AVez vous les possibilités ? Je comprends que cela soit compliqué, mais comment voyez vous les choses ? Aurez vous la volonté de poursuivre tous les ans de cette façon ?

François · 15/11/2020 à 2:26

Bonjour . Merci pour votre message , qui résume un problème o combien fréquent … je n’ai pas encore eu de soucis avec les fourmis . D’après les premières lectures , on ne les considèrent pas vraiment comme ses nuisibles . Elles ont au contraire une activité d’aération du sol . Disons qu’elles témoignent plus d’une prolifération de pucerons , qu’elles utilisent pour récupérer la sève des plantes . Bref: les fourmis seraient liées à ces pucerons , eux même la conséquence parfois d’un excès d’azote (trop d’engrais ?) ou tout simplement liés à certaines plantes (par ex fèves ). En traitant les pucerons, on devrait réduire les fourmis : on parle souvent du savon noir . Mais je n’ai jamais testé et jamais approfondi le bien fondé de cette pratique . Pour les fourmis , du citron sur leurs trajets .
Ah ! Les limaces . Une plaie. Beaucoup de remèdes de grand mères qui ne marchent pas mais toujours relayés . Je souhaite en faire un article . J’utilise du ferramol, car rien d’autre n’a fonctionné . Sauf si vous avez la patience de faire un ramassage manuel…

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