79 conseils ultra pratiques pour fabriquer le compost parfait (qui boostera votre potager) 

Publié par François le

Et voilà.

C’est le samedi, vous vouliez tranquillement profiter de votre jardin, mais vous vous retrouvez encore une fois à vider à la déchetterie tous vos déchets verts. Des tontes à n’en plus finir, et des kilos de tailles de haies … 

Franchement :  si vous pouviez éviter cette galère… 

Surtout que tout le monde parle de valoriser ses déchets, y compris ceux de cuisine. Vous le saviez, vous, que 30% de votre poubelle sont constitués de déchets qui pourrait être transformés?  

Vous avez devant vos yeux une richesse inestimable pour votre jardin et votre potager. 

Devenez alchimiste!

Vous avez le pouvoir de transformer tous ces déchets en OR.

Il suffit pour vous de fabriquer du compost.

Car oui, le compost est un véritable “or brun” pour le potager, grâce à ses deux super-pouvoirs :

  • C’est un excellent fertilisant prêt à l’emploi: autrement dit, un bon engrais naturel, à déposer directement aux pieds de vos légumes. Un véritable concentré d’éléments minéraux pour les plantes les plus gourmandes comme vos tomates, vos courgettes, ou même les fraisiers 
  • Il améliore de manière spectaculaire le sol: il reconstitue l’humus de votre terre. Tel un magicien, il allège les terres lourdes et apporte de la consistance à des terres sableuses trop légères. 

Pour ces tâches, ne me parlez pas de terreau!  C’est avant tout un substrat de culture assez pauvre, qui remplace la terre pour faire des semis. Rien à voir avec le compost.

Je vous sens tout à coup très tenté par l’expérience du compostage… Mais des pensées vous taraudent : quels produits introduire au compost ? Puis-je tout composter ? Quels sont les meilleurs outils? Existe-t-il des méthodes pour accélérer le compostage ?

Dans cet article, vous allez découvrir 79 conseils pour réaliser et optimiser votre compostage.

Vous pourrez utiliser la majorité de vos déchets de jardin… et enfin profiter de votre samedi après-midi.

Commencez tout de suite par quelques conseils pour définir la stratégie la plus adaptée à votre situation.

Sommaire

Vous possédez un jardin de plus de 1000 m2: faites un compost en tas sans hésiter

Votre surface est énorme. Votre pelouse, vos haies, vos arbres provoquent un gigantesque amoncellement de déchets verts. Et le comble dans tout ça, c’est que tout arrive en même temps!  Vous avez pourtant devant vous une source inégalable d’or brun, alors profitez-en! Dites adieu à vos aller-retour à la déchetterie. Disposez ce tas disgracieux dans un coin caché. Mais s’il vous plait, respectez quelques règles exposées plus loin : un compost en tas n’est pas synonyme de tas d’ordures !

Un compost en tas : une des technique de compostage pratique pour les jardins de grande taille
Le compost en tas implique de gros volumes de déchets… et de la place pour le constituer!

Vous disposez d’un jardin de taille moyenne à grande: optez pour le compostage en bac

Votre jardin a une surface comprise entre 300 et 1000 mètre carrés. Vous produisez des déchets de tonte, de tailles de haies, ou issus du potager, mais pas assez pour constituer un tas volumineux en une fois. Utilisez des bacs, encore appelés silos, des enclos qui permettront de contenir vos déchets, tout en les dissimulant. Adaptez leur capacité au volume de déchets.

Bac à compost en bois, avec ouverture sur le dessus pour gérer l'humidité
Un bac en bois (ou en plastique à défaut), dont le volume sera adapté au jardin.

Vous avez un petit jardin qui produit peu de déchets: utilisez un fût

C’est l’outil classique des jardins de ville, des maisons de lotissements avec une surface de moins de 300 mètres carré. Il peut également servir si vous avez une cour, ou une terrasse avec un minimum de déchets. Son principal intérêt : sa discrétion, tout en évitant l’accès des déchets aux animaux.

Un fût à compost : un réceptacle idéal pour le compostage de petits jardins
Un exemple de fût.

Faites du compostage de surface

A partir du moment où vous avez un potager, vous pouvez faire du compostage de surface. Ça ne résoudra pas votre problèmes de déchets du jardin (grosses tontes, tailles de haies), mais vous valoriserez une partie vos épluchures de cuisine. Disposez tout bêtement vos restes à la surface de votre potager, aux pieds de vos plantes (tomates, courgettes…) et laissez faire! La décomposition se fera sur place et mobilise les microorganismes. Un conseil : découpez grossièrement au sécateur, et apportez toujours un peu de matières sèches pour équilibrer les apports (feuilles mortes, pailles). Soyons honnête, côté esthétique, il y a mieux : pour éviter l’effet “décharge publique”, recouvrez vos déchets par un paillis. 

Pas de jardin? Faites du vermicompostage

Vous possédez un balcon, une terrasse ou une cour, et un petit potager en pots, mais vos déchets à composter se résument à vos restes de cuisine. En somme: le modèle du citadin en appartement. Valoriser vos déchets serait un beau pari, mais impossible de se lancer dans un compostage classique. Mais rassurez-vous, vous avez toujours moyen de faire du vermicompostage. Le vermicompostage consiste à réaliser un compostage de vos déchets de cuisine à l’aide de vers au sein d’une caisse prévue à cet effet. On l’appelle à tort lombricompostage, mais les vers utilisés ne sont pas des lombrics. L’avantage énorme est de pouvoir s’effectuer à l’intérieur de votre habitation. Vous récupérez un liquide, le thé de compost, qui peut servir pour vos plantes en pots, et votre mini-potager de balcon par exemple. La technique de lombricompostage demande un suivi régulier et présente des contraintes très spécifiques.

La vermicaisse est un réceptacle contenant des vers permettant le compost de déchets de cuisine.
Un exemple de vermicaisse : il en existe de toutes sortes… souvent très coûteuses !

Mélangez les genres: utilisez plusieurs méthodes de compostage en même temps

Vous en avez ras le bol de traverser votre jardin pour déposer vos épluchures de carottes à l’autre bout du jardin ? Associez plusieurs méthodes en même temps: séparez vos sources de déchets de cuisine et ceux du jardin. Par exemple, utilisez un lombricomposteur ou un fût à proximité de la cuisine pour les déchets de maison, et des bacs ou un tas de compost pour les tailles de haies et tontes plus volumineuses du jardin. L’essentiel étant, pour chacune des zones de compostage, de conserver un bon équilibre des apports.

Placez votre zone de compostage dans un endroit facile d’accès depuis la maison.

Dans la mesure du possible, ne soyez pas trop éloigné de votre cuisine. Si votre compost sert à recycler vos épluchures, vous devrez les transporter. Evitez la randonnée… Et ne soyez pas craintif par rapport à un désagrément occasionné par l’installation d’un composteur. Si votre compost est bien fait, il ne doit en aucun cas être une source d’odeur ou de lieu de rencontre d’insectes.

C’est parti, je vais déposer mon seau au compost ..

Installez le compost dans l’idéal sur la terre nue

Rassurez-vous, les micro-organismes présents sur vos déchets permettent déjà à eux seuls de lancer la décomposition. Un composteur sur une zone bétonnée est donc possible. Mais en installant un tas ou un bac à même la terre, vous favorisez l’entrée d’organismes du sol, comme certains vers, qui participeront avec grande joie à la ce grand banquet. Qui plus est, la terre absorbera les jus de fermentation. Cela vous évitera des belles coulures au sol. Pour un fût, par contre, ne le placez pas à même le sol. Ce type de composteur a tendance à se déstabiliser sous l’effet du tassement des déchets. Il risque de s’enfoncer progressivement dans la terre. Disposez des dalles, des briques ou des palettes pour l’installer de manière stable.

Placez le composteur sur un sol plat si possible décompacté

Évitez de faire un trou. Si votre terre est très argileuse, voilà ce qui va se passer: l’eau va s’y accumuler, et former un véritable lavabo d’extérieur. Qui dit eau, dit moins d’air, et qui dit moins d’air, dit fermentation de vos déchets. Si vous le pouvez, décompactez votre sol sur 10 à 15 cm pour faciliter le mélange avec les déchets et la montée d’organismes du sol. Ils vous diront merci.

Une terre décompactée avant installation d'un tas de compost
Pour mon compost en tas, la terre était déjà un peu travaillée par un tas de déchets déjà présent , que j’ai retiré pour constituer un véritable compost.

Vous êtes dans un coin à rongeurs, faites de la prévention

Les rongeurs (rats, souris, musaraignes) sont parfois légion dans les jardins, et ils peuvent envahir le compost par le bas. Ce n’est heureusement pas systématique, mais si vous savez qu’il y a un risque, prévoyez une protection à la base de votre compost. Certaines personnes recommandent de placer le composteur sur une grille à maille fine, qui empêche les intrus d’y pénétrer. 

Placez-vous à l’ombre 

Vous installez votre composteur dans une zone trop ensoleillée ? C’est le dessèchement assuré! Evitez l’évaporation trop forte en été en privilégiant une partie ombragée du jardin. Si vous n’avez pas d’arbre ou de haie, improvisez une petite pergola. Seule exception à cette règle: le fut. Il doit être au contraire dans une zone ensoleillée afin de favoriser l’élévation de température qui améliorera la décomposition des déchets.

Méfiez-vous des arbres à proximité

Les arbres sont très sympas: ils vous feront idéalement de l’ombre à votre composteur. Mais, comme toujours dans un buffet, il y a des pique-assiettes. Certains arbustes sont gourmands et ont la fâcheuse tendance d’envahir le compost avec leurs racines. Tels des vampires, ils récupèrent les éléments nutritifs de votre chère préparation. Si vous n’avez vraiment pas le choix, placez une dalle en dessous, pour éviterez les remontées racinaires.

Trouvez de la place et une zone dégagée

Si vous disposez de la place, profitez-en!  Votre aire doit être dégagée, pour faciliter le passage d’une brouette dans laquelle vous entasserez vos déchets. Trouvez de la place pour entreposer un stock  de déchets bruns (feuilles mortes, brindilles …). Et dans le monde idéal, installez plusieurs bacs. Vous devrez également avoir de l’espace pour retourner le tas. Si vous optez pour un fût, il vous faudra de l’espace pour le démouler comme un Flamby.

Faites du nettoyage autour de votre composteur. 

Faites un minimum de désherbage. Les abords doivent être propres et tondus. Vous éviterez les graines d’herbes folles qui adorent envahir le compost. Vous ne voudriez pas vous retrouver avec une forêt vierge en guise de composteur ? 

Disposez d’un point d’eau à proximité

C’est toujours un plus: si vous devez arroser votre compost, autant éviter les allers retours avec votre arrosoir à la main! Vous n’aurez pas obligatoirement besoin d’humidifier votre compost, mais autant anticiper.

Abritez, couvrez

Assurez-vous de bien protéger votre zone de compostage. Cette couverture constitue à la fois une protection contre le soleil qui risque de dessécher le compost en superficie, mais aussi des pluies qui peuvent le lessiver et l’appauvrir par perte d’azote. Laissez un compost sans protection peut également entraîner un trop plein d’eau. Si vous êtes dans une région aux hivers froids, protéger votre compost du gel devient impératif. Enfin, une couverture tient à l’écart les graines de mauvaises herbes.

Le but est de protéger sans trop confiner: rappelez-vous que votre compost doit être aéré, pas étouffé! Bref, couvrez: avec une bâche non hermétique ou de la paille pour votre tas, un couvercle pour votre bac ou votre fût. Certains vont jusqu’à faire pousser des courges et potirons rampants sur leur tas de compost : oui ça protège, mais il faudra me dire comment ils font leur retournements…

Un tas de compost recouvert par une bâche, qui permet de le protéger de la pluie.
Une bâche bricolée à partir d’un vieux sac permet de protéger mon tas, let e confiner sans être hermétique. Un couvercle sur un bac joue le même rôle.

Achetez un seau à compost

Un indispensable dans votre cuisine. Il vous permettra de collecter tous vos restes de maison. Choisissez un modèle avec un couvercle, pour éviter les nuisances (on ne souhaite pas de moucherons à table!) et adapté à votre quantité de déchets. Ne soyez pas alléché par un modèle énorme inadapté, vous seriez tenté d’y accumuler des déchets trop longtemps, qui risquent de fermenter…

Exemple de seau à compost pour la cuisine.
Mon modèle de seau à compost : pas trop grand, avec un couvercle mobile et une poignée, deux éléments bien pratiques.

Munissez de deux outils simples pour collecter et déplacer vos déchets dans votre jardin 

Plus votre jardin est grand, plus vous aurez de déchets, et plus vous aurez de distance à parcourir vers votre aire de compostage. L’acquisition d’une brouette est presque incontournable dans un jardin. Elle vous permettra également de transporter votre compost préparé vers votre potager.

Deuxième outil extrêmement utile : si vous avez des arbres, il vous faudra un râteau pour rassembler vos feuilles mortes en automne.

Un brouette
La brouette : elle transporte tellement de choses !

Assurez-vous d’avoir deux incontournables du jardin pour fragmenter (et pourquoi pas un troisième!)

Il va falloir fragmenter tous vos déchets, façon puzzle. Pour cela, ces outils vous aideront: 

  • un sécateur : pour couper des petites branches, restes du potager, tiges de fleurs séchées. C’est de toute manière le compagnon de tout bon jardinier.
  • une tondeuse : pour vos tontes, mais pas seulement : elle broie la plupart des déchets pas trop durs
  • dans l’idéal: un broyeur : un si vous avez des branches dures de gros diamètres (> 1 cm)
Une tondeuse, outil indispensable pour le jardin et le compostage.
La tondeuse : comment faire sans elle ? Elle me sert à la fois pour les tontes et pour broyer des déchets pas trop durs.

Choisissez un outil de mélange adapté à votre méthode de compostage

Ne mélangez pas avec n’importe quoi ! Adaptez votre outil à l’ampleur de votre compost : 

  • une fourche-bêche : pour les tas et bacs volumineux, elle permet de déposer vos déchets, et de retourner le tas
  • un aérateur : c’est une sorte de gros tire-bouchon ! Appelé aussi Brass-compost, c’est un compagnon idéal pour les possesseurs de bac de volume plus réduit. L’utilisation d’une fourche y est franchement plus délicate.
  • une tige aératrice : pour les fûts. C’est une tige métallique avec une poignée à un bout, et des palettes triangulaires à l’autre.
Le Brass-compost, ou aérateur à compost, en forme de tire bouchon.
L’aérateur en forme de tire-bouchon, le Brass-Compost (c)

N’oubliez pas : assurez l’humidité !

Le plus simple reste le tuyau d’arrosage que vous déroulez jusqu’à votre aire de compostage. A défaut, utilisez un arrosoir classique, mais soyez conscient que cela s’avérera peu pratique pour des containers de gros volume. Si vous vous lancez dans la constitution d’un tas, il vous faudra une bâche ou une couverture de protection qui maintienne l’humidité.  

L'arrosage du compost est nécessaire
Je n’ai pas de robinet à proximité de mon aire de compostage… je me contente de l’arrosoir !

Investissez dans un tamis

Ce n’est forcément l’outil que l’on utilise tous les jours au jardin, mais il vous sera d’une grande utilité pour obtenir un compost bien propres, nettoyé des gros débris mal décomposés. Utilisez un tamis à maille de 1 à 2 cm, pas plus. 

Préférez un bac cubique, large et pas trop haut

Si vous choisissez un bac à compost, autant acquérir le bon modèle. Attention à ne pas vous faire arnaquer avec les bacs du commerce, certains sont carrément inutilisables.  Préférez des composteurs droits, carrés, plutôt que trapézoïdales ou coniques. L’idée est d’avoir une ouverture la plus large possible pour introduire les déchets sans galère. Il ne doit pas être trop haut pour pouvoir facilement mélanger les premiers déchets déversés au fond du bac. Évitez le mal de dos !

Assurez-vous d’avoir des espaces entre les lattes de votre bac… mais pas trop !

Les lattes en bois qui composent votre bac doivent être espacées pour faciliter l’aération du tas. Attention toutefois : pas plus d’une largeur de doigt, sinon votre compost risque de se dessécher près des fentes.

Oubliez les bacs en treillis ou en grillage

Des fournisseurs proposent des composteurs cylindriques avec parois en grillage. On se demande où ils ont eu cette idée saugrenue de garantir l’assèchement du tas! Votre compost se formera uniquement au cœur, et tout l’extérieur sera sec. Il n’y a donc aucun intérêt à ce type de composteur. Et ne parlons pas de la galère à mélanger les déchets une fois introduits, qui se coincent dans les grilles.

Exemple de composteurs en treillis
On vend ces grillages comme des composteurs … un peu exagéré, non ?

Préférez les bacs facilement démontables

Certains composteurs se démontent facilement; On peut facilement retirer la paroi avant, ce qui facilite l’accès pour retourner le compost ou le récupérer une fois mûr. Si cette option existe, alors pourquoi vous en priver ?

Un bac à compost en bois avec parois amovibles.
Un exemple de modèle de bac dont la paroi avant est démontable. Le nec plus ultra.

Choisissez un fût adapté

Si vous utilisez un fût, respectez quelques règles lors de l’achat. Evitez pour cette fois le modèle cubique ou autre bizarrerie. Votre objectif final sera de démouler le fut pour récupérer le compost mûr, comme un seau à la plage! Evitez donc les recoins inutiles, prenez un modèle conique tronqué. Et vérifiez que vous pouvez enlever la paroi du fond sans trop de difficultés. Le fût doit être percé pour une meilleure aération, au niveau de la base et du fond. Une couleur foncé est appréciable, car elle facilite la montée en chaleur et une meilleure décomposition. 

Reconnaissez au premier coup d’œil les déchets riches en carbone

Attention, rentrons dans des détails plus fondamentaux, mais ô combien primordiaux. Alors faisons simple : les déchets riches en carbone, ce sont toutes les matières qui sont plutôt : 

  • brunes
  • sèches
  • dures
  • âgées

Tous ces déchets présentent des matières carbonées sous forme de cellulose ou de lignine, qui forment leurs tissus de soutien, leur “squelette”. On y retrouve en particulier les feuilles mortes en automne, les branchages, la paille, les tiges sèches du potager. Mais on oublie que certains déchets de la cuisine sont aussi à tendance carbonée : marc de café, les sachets de thé, coquilles de noix et noisettes….

Ce sont des matières structurantes indispensables pour aérer votre compost et éviter le tassement. Le problème, c’est qu’ils peuvent devenir rares à certains moments de l’année. 

Reconnaissez au premier coup d’œil les déchets riches en azote

On ne va pas se compliquer la vie, il suffit de chercher l’exact contraire des déchets carbonés. A savoir, des matières plutôt : 

  • vertes
  • humides
  • molles
  • jeunes

L’archétype au jardin, ce sont les tontes de pelouses. Et dans la cuisine, la majorité des déchets font partie de cette catégorie, comme par exemple les épluchures. Elles présentent peu de cellulose et de lignine, elles se décomposent donc rapidement.

Connaissez la liste des produits vraiment à ne pas composter

Commençons par la base : retirez de votre tête ce qui n’est pas utilisable pour un compost. Écartez ce qui n’est pas assimilable par les organismes :

  • tout ce qui n’est pas organique, j’ai nommé les produits synthétiques : emballage plastique, polystyrène … Vous avez déjà vu un ver de terre digérer une étiquette de fruits ? Pensez à les retirer.
  • poussières de la maison : les sacs d’aspirateur, les balayures, parce qu’une partie d’elles sont d’origines synthétiques
  • les matières minérales : notamment certaines litières pour chats et chiens, le sable d’aquarium
  • les cendres de bois : trop alcalin, c’est un produit trop minéral, qui risque de vous apporter des problèmes en asphyxiant votre compost. Leur utilisation doit être très restreinte : pour faire plus simple, oubliez.

Dans la cuisine, ne pensez pas qu’aux épluchures de fruits et légumes

Quand on imagine un seau à compost, on pense immédiatement aux restes de légumes (fanes, feuilles, épluchures …). Une quantité phénoménale de déchets est jetée à la poubelle non recyclable, alors que ces derniers pourraient être placés au compost. C’est le cas des mouchoirs usagés, les papiers essuie-tout. Bref : mouchez-vous, et illico dans le seau. Pensez aussi aux papiers et cartons non glacés sans bandes collantes (les boites d’œufs par exemple). le filtre à café rempli de marc, et certains thés ou infusions, si le sachet n’est pas en nylon.

Contenu d'un seau à compost : épluchures et mouchoirs en papiers
Dans le seau à compost, il n’y a pas que des épluchures … Je prends récemment l’habitude de placer les mouchoirs en papier.

N’ayez pas peur des encres des journaux de presse quotidienne

Vous lisez la presse quotidienne ? Vous pouvez placer votre journal au compost. Les encres de ces journaux ne posent plus de question : l’encre est composée de noir de carbone, et les encres de couleur sont d’origine végétale. Par contre, ne compostez pas votre magazine Closer : tous les journaux imprimés, avec papier glacés, utilisent des encres chimiques. A jeter dans les bacs de collecte. Ou plus simplement, n’achetez plus Closer…

Utilisez les agrumes, pelures d’oignons et rhubarbe sans arrière-pensée

Vous entendrez régulièrement dire que les agrumes, comme les oranges ou les citrons, sont interdits au compost. Ces déchets, ainsi que ceux des oignons ou la rhubarbe,  seraient trop acides et auraient un effet néfaste sur les microorganismes. N’en tenez pas compte. Les fraises et les tomates sont également acides, pourtant on n’en fait pas tout un fromage si elles se retrouvent au compost.

En fait, ces produits n’ont pas d’effet s’ils sont mélangés à d’autres déchets. Leur acidité ne pose aucun souci, car leurs quantités habituelles domestiques sont faibles en comparaison au reste des déchets apportés. A moins de produire votre jus d’orange en quantité industrielle, il ne devrait pas y avoir de souci.

Seule exception à la règle, le vermicompost: le réceptacle étant réduit, le tas est beaucoup plus sujet aux variations de pH.

Dernier point: les composés aromatiques contenus dans les agrumes considérés comme toxiques pour les vers du compost, se décomposent rapidement en réalité, et les traitements fongicides sont présents en quantité très faibles.

Introduisez des déchets issus de résineux avec parcimonie

Les déchets de pin ne sont pas à proprement parler interdits, mais il faut s’en méfier grandement. Si vous pouvez, évitez-les. Leur décomposition est lente, et ils produisent un humus pauvre et acide. Pas le genre de compost préféré des légumes du potager… Les branches de résineux ne devraient pas représenter plus de 20 % de vos apports, grand maximum. Si vous ramassez une grosse quantité d’aiguilles de pin, utilisez-les de préférence en paillis sur certaines plantes qui les adorent, en particulier les fraisiers (tous les détails sur la culture des fraises de A à Z dans cet article). 

Auguilles de pins
Les aiguilles de pin auront une meilleure place comme paillis dans votre carré de fraisiers.

Ajoutez les produits minéraux d’origine organique en quantité limitée

Les coquilles, les coquillages peuvent aller au compost. lls peuvent apporter des éléments minéraux comme du calcium. Mais il y a une règle à respecter : écrasez-les au préalable.  Vous pourrez facilement concasser des coquilles d’œufs, des carapaces de crustacés, des moules. Pour les gros coquillages, c’est beaucoup moins faciles. Les coquilles d’huîtres, de Saint-Jacques, par exemple, ne se décomposeront pas. Vous aurez fière allure avec votre coquille Saint-Jacques au milieu du potager…. Pour faire au plus simple, ne les jetez pas au compost.

Coquilles d’œufs écrasées avant apport au compost
Vous pouvez déposer vos coquilles d’œufs, mais pensez à les écraser au préalable.

N’excluez pas a priori des déchets pour la seule raison qu’ils mettent plus de temps à se décomposer 

Attention : on liste souvent certains déchets comme “interdits” dans de nombreuses sources, mais c’est tout bonnement injustifié. Oui : on peut composter des noyaux d’avocats, des coques de noix, des coques de pistaches, c’est juste beaucoup plus long à se dégrader. Lorsque vous récupérerez votre compost mûr, après plusieurs mois, leur décomposition ne sera pas terminée, mais bien entamée, et elle se poursuivra … dans le potager ! Vous pouvez aider Mère Nature en fragmentant ces produits lorsque vous les placez dans votre seau à compost. Au pire, si ces produits mal dégradés vous dérangent, vous pouvez les récupérer lors d’un tamisage, au stade ultime, et les replacer dans un nouveau tas de compost.

Connaissez les déchets du jardin à vraiment éviter

Ils doivent être sur votre blacklist: les tailles de thuyas, cupressus, eucalyptus et genévriers. On peut à la limite les utiliser mais en très très faible quantité (<10%). Ces plantes contiennent des substances aux propriétés fongicides, bactéricides et insecticides. Ça ne fera pas bon ménage avec les microorganismes. Autres plantes à éviter: les plantes à graines (mauvaise herbes, plantes envahissantes comme le liseron, le chiendent, la renoncule). Si vous vous obstinez à les introduire, faites-les sécher au préalable pendant 2 semaines.

Si vous êtes joueur… utilisez des déchets d’origine animale

Les produits d’origine animale sont compostables. La preuve : un cadavre d’animal dans la nature ne fait pas long feu. On peut donc théoriquement placer ses restes de viande ou de laitages (croûtes de fromages). Mais je vous préviens: comme pour le cadavre d’un petit oiseau qui n’a pas vu votre baie vitrée et qui atterrit sur votre terrasse, vous risquez grandement les nuisances, à savoir les mouches à viande et asticots. Sans parler des odeurs. Utiliser des déchets de ce genre dans votre compost impose d’être particulièrement précautionneux. D’une part, ne les utilisez pas en grande quantité (ne placez pas votre côte de bœuf!), d’autre part, prenez le réflexe de déverser ces restes au centre de votre tas dans un trou, et recouvrez systématiquement avec d’autres déchets. L’intégration de reste de viandes ne facilite pas la gestion de votre seau à compost dans la cuisine.

Viande
Gardez ça pour Médor …

Si vous ne voulez pas vous compliquer la vie, évitez les litières d’animaux domestiques

L’utilisation de la litière des chats et des lapins dans le compost est sujette à discussion. Premièrement, on oublie l’utilisation de litière d’origine minérale, les organismes ne la décomposent pas. Reste les litières d’origine végétale. Un des problèmes repose sur la présence potentielle de pathogènes, dont des parasites comme la toxoplasmose. Ces organismes ne sont pas détruits par le compostage classique, dit “à froid”. Une dégradation nécessite un compostage à chaud, qui, on le verra, n’est pas à la portée de tous. La toxoplasmose est une maladie transmise par les déjections de chats,  à risque pour les femmes enceintes. Tout à chacun pourra rétorquer qu’un chat fera autant ces besoins dans le potager … mais autant éviter ce risque.

Ne mettez pas de graines… dans la mesure du possible

A moins de faire un compost à chaud, beaucoup de graines risquent de survivre dans votre compost, et de germer lors de l’utilisation au potager. Si vous jetez vos graines de courge ou de melon dans votre seau à compost, vous vous exposez au risque de découvrir une magnifique cucurbitacée pointer son nez à la saison prochaine dans votre potager! Un des moyens efficace consiste à ne pas jeter ces grosses graines dans votre seau à compost. Si vous tenez vraiment à les introduire, vous pouvez les laisser tremper dans l’eau pendant 3 jours au préalable. Même chose pour les fleurs montées en graines du jardin. Mais plus facile à dire qu’à faire!

Mettez un peu de tout

Les déchets possèdent tous des éléments minéraux dont la quantité et la nature varient énormément. Tout comme il est recommandé de manger varié, et de ne pas manger des pâtes à tous les repas, diversifiez vos apports. Essayer d’introduire des déchets de toutes sortes, et abstenez-vous d’utiliser toujours les mêmes déchets en grande quantité. Plus vous élargirez vos types de déchets à composter, plus vous augmenterez la chance d’apporter des minéraux diversifiés à votre compost. Il en sera bien plus riche.

Dès que vous pouvez, fragmentez vos déchets de jardin

Broyez, déchiquetez, réduisez. C’est le maître mot que vous devez retenir. Probablement une des clefs du succès de votre compost. C’est particulièrement vrai si vous faites partie de ceux qui ont un important volume de déchets du jardin à recycler. Difficile d’imaginer comment emmagasiner autant de matériaux. La place est limitée au composteur : il faut impérativement réduire le volume des déchets. Par ailleurs, en fragmentant toute cette matière, vous prémâcher le travail des microorganismes. Vous facilitez également le mélange entre déchets carbonés et azotés.

Avec ce travail préliminaire, le temps de compostage peut être divisé par trois: un gain de temps énormissime!  Sans parler de la facilité à retourner le tas de compost : avec des branches entières non broyées, votre compost aura tout l’air d’un jeu de mikado, difficile à travailler. 

Broyez le maximum à la tondeuse

La tondeuse est une précieuse alliée. Elle est de toute manière presque indispensable lorsque vous avez un jardin: utilisez-la autrement que pour la tonte de gazon. Pour des matériaux pas trop durs, comme les tailles de haies, de feuilles vertes ou mortes, les rosiers, elle se révèle excellente. Attention à ne pas abîmer votre lame de tondeuse: passez la tondeuse sur le coté du tas de déchets étalés sur un sol enherbé.

Une tondeuse peut broyer des branchages fins, en plus de l'herbe.
Je broie à la tondeuse toute sorte de branchages fins et mous qui provoqueraient un bourrage dans un broyeur.

Passez les grosses branches au broyeur

Dès que les branches dépassent 1 cm de diamètre, impossible de les passer à la tondeuse, sauf si vous souhaitez vraiment la casser. Vous ne pouvez pas laisser des branches entières au compost: elles gênent les retournements et se décomposent  trop lentement. Le broyeur vous produira des petits tronçons de quelques centimètres, faciles à intégrer dans votre composteur, en mélange avec des matières azotés, comme la tonte de gazon. Il permet également de fragmenter certaines plantes, comme le lierre. Ne fragmenter pas trop finement: le but est de conserver des matériaux suffisamment gros pour aérer le compost.

Un broyeur en action sur des branches de plus de 1 cm de diamètre
Le broyeur fait gagner un volume fou. Et du temps pour la décomposition.

Empruntez un broyeur

Je vous vois venir: le broyeur vous paraît hors de prix, ou vous n’avez pas suffisamment de branchages qui justifient son achat. C’est compréhensible. Il n’empêche qu’au fil des mois,  vous accumulez un joli de tas de branchages non exploitables! Pensez à l’option de l’emprunt ou de la location. Une fois que vous avez emmagasiné assez de matériaux à broyer, louez un broyeur à la journée. Demandez à vos voisins s’ils sont intéressés pour l’utiliser le même jour et partager les frais. Renseignez-vous sur les possibilités proposées par votre commune. Certaines municipalités louent directement du matériel, ou offrent des primes à l’achat. Et pourquoi pas, investissez dans un broyeur commun entre voisins. A condition d’aimer ses voisins …

Dans la cuisine aussi, fragmentez

Ce qui est applicable dans le jardin, l’est également pour certains déchets de maison. Ce petit geste facilitera, là encore, le travail des microorganismes. Lorsque vous jetez vos restes de légumes dans votre seau, prenez quelques secondes pour couper tout ce qui est trop épais ou trop dur: coupez les peaux d’avocat, les trognons de choux… Les bactéries, champignons, vers et insectes vous diront merci.

Ne laissez pas les déchets trop humides en tas

Les matériaux riches en azote sont également les plus humides. Ils se tassent rapidement et forment un milieu dénué d’oxygène propice au travail des bactéries dites anaérobies. En entrant dans un processus de fermentation, de mauvaises odeurs se dégagent. Dans la cuisine, prenez l’habitude de les mélanger à des produits plus secs, et vider votre seau à compost tous les 5 jours. C’est ce que conseille Elie dans une de ses vidéos de la chaîne le Potager du bonheur. Au jardin, ne laissez pas des tontes de gazon en gros tas. Introduisez-les rapidement dans votre compost mélangé à des matières carbonées, ou laissez-les sécher au préalable au soleil en fines couches pendant quelques jours. 

Séchage de tontes de gazon
Un tas d’herbe en tas peut vite fermenter. J’étale l’herbe au soleil quelques heures, en essayant de la retourner régulièrement

Ayez un stock de déchets structurants riches en carbone

Ayez toujours à proximité de votre aire de compostage une réserve de déchets riches en carbone: des feuilles mortes, des broyats de branches…. Une des erreurs les plus classiques dans la réalisation d’un compost  c’est le manque de matériaux structurants.

Dressons le tableau: au printemps, vous commencez à enchaîner les tontes de gazon, et vous vous dites que vous aimeriez en profiter pour commencer un compost. Vous en profitez également pour tailler vos haies. Les déchets s’entassent. Vous ajoutez quelques brindilles, mais très rapidement, votre apport en matières ‘brunes”  s’effondrent avec l’arrivée de l’été. Vous ne respectez plus le fameux rapport carbone/azote. Votre tas n’est pas assez aéré, faute de matériaux structurants, et se met à fermenter. Le comble, c’est que plusieurs mois plus tôt, en automne, vous crouliez sous les déchets bruns, à ne pas savoir quoi en faire.

Ne faites pas cette erreur, et anticipez les choses : en automne, conservez vos feuilles mortes dans un tas. Conservez vos brindilles et branches jeunes dans un coin. Vous les broierez par la suite pour les incorporer à votre compost. Grâce à cette organisation, vous pourrez facilement apporter des matériaux carbonés tout au long de l’année, en les mélangeant à vos déchets riches en azote. 

Stock de divers déchets carbonés secs et structurants pour le compost.
Après une séance de broyage, j’ai de quoi tenir un bon moment en matériaux bruns riches en carbone ! Je les garde dans un coin pour les mélanger aux nouveaux apports azotés.

Humidifiez vos branchages avant utilisation

Avoir des déchets riches en carbone c’est bien. Mais comme dit précédemment, ces matériaux ont la fâcheuse tendance à se décomposer très lentement. Trop lentement. C’est d’autant plus vrai que le matériau est sec et âgé. Prenons l’exemple des branches broyées : un broyat de branches jeunes se dégradera plus rapidement qu’un broyat de branches âgées conservées au sec plusieurs mois. Les écorces sont également très coriaces. La solution? Laissez ces déchets sous la pluie pendant plusieurs semaines avant utilisation. Ou plus radicalement: trempez les dans de l’eau pendant 3 à 4 jours. Cela leur permettra de se décomposer un peu. Quant aux feuilles mortes, leur décomposition est relativement rapide, il est donc préférable de les laisser en tas sans les mouiller.

Une poubelle remplie de broyats de bois et d'eau
Pour ces broyats de bois secs, j’ai préféré les laisser tremper dans une poubelle d’eau pendant 4 jours, avant de les utiliser dans un tas de compost.

Connaissez les règles d’or du bon compost

Un compost, ce n’est pas juste un amas de différents déchets végétaux mélangés. C’est un peu plus complexe que cela, sinon je ne me casserais pas la tête à vous écrire cet article … Vous devez connaître les grand principes qui vous permettront d’obtenir en quelques mois un compost riche pour votre potager. En omettant certaines de ces règles, vous risquez de fabriquer un compost pauvre, ou bien trop long à se décomposer.

Pour être synthétique, il faut retenir les trois grandes conditions favorables aux organismes du sol, car après tout, ce sont eux qui vont faire le travail à votre place ! Autant leur assurer le gîte et le couvert. Ces conditions de vie sont les même que nous, les humains: 

  • de l’air, mais pas trop : votre compost doit être aéré. Pas d’oxygène = fermentation anaérobie. Votre compost va produire du méthane, bref, sentir la mort. 
  • de l’eau, mais pas trop : un compost trop sec se décompose trop lentement, trop mouillé, il s’asphyxie.
  • des éléments nutritifs équilibrés: un savant mélange de déchets bruns et de déchets verts, qui s’exprime par le fameux rapport “carbone/azote”

Rentrez dans votre crâne ces trois éléments, et vous éviterez bien des erreurs.

Commencez votre compost au printemps ou en automne

Vous pouvez démarrer un compost n’importe quand dans l’année. Mais en pratique, il est toujours préférable d’y réfléchir au moment où vous emmagasinez le maximum de déchets. C’est au printemps et en automne que les tontes de gazon s’enchaînent, que les tailles de haies se réalisent. En automne, les feuilles mortes se ramassent à la pelle. Qui plus est, ces saisons présentent des températures idéales pour les microorganismes : ni trop chaudes, ni trop froides. 

Faites des calculs savants pour obtenir le chiffre 30 et brillez en société.

Le bon déroulement de votre compostage va dépendre d’un facteur : le bon équilibre des apports, autrement dit la bonne proportion carbone / azote. Le bon dosage garantit un compost équilibré et rapide. Votre job, c’est d’obtenir un rapport final carbone/azote proche de 30. Autrement dit parvenir à un produit contenant 30 parts de carbone pour 1 part d’azote. C’est bien gentil, mais qu’est-ce que cela veut implique en pratique?

Reprenons nos déchets bruns et déchets verts. Les déchets bruns sont riches en carbone. Leur rapport carbone/azote est supérieur à 50. De 70 pour les feuilles mortes, il peut atteindre 100 pour la paille voir 200 pour les copeaux de bois. Les déchets verts sont pauvres en carbone : les tontes de gazon ont un rapport C/N de 10, les déchets de cuisine de 10 à 20…. Si je possède de la tonte de gazon, j’ai un produit bien trop pauvre en carbone. Comment obtenir un produit final plus “concentré” en carbone ? Tout simplement en apportant des matériaux plus “concentrés” en carbone, à savoir des déchets bruns (broyats, feuilles mortes …)

Pour savoir à quelle “concentration” se place votre mélange, il suffit de calculer la moyenne des apports de chacun de vos déchets. Vous êtes perdus ? Prenons un exemple tiré de la vidéo du potager d’Olivier: 

Je récupère trois tas de déchets de même volume : j’ai un volume de tontes de rapport 10 (peu concentré), un volume de déchets de cuisine à 10 (peu concentré) et un volume de feuilles mortes à 70 (assez concentré)

La moyenne de “concentration” est de (10+10+70)/3 = 90/3 = 30.

Jackpot ! Je tombe pile sur un rapport C/N de 30! Le mélange est équilibré comme il faut. Si vous connaissez le rapport carbone/azote des différents déchets, vous pouvez estimer votre composition.

Respectez la règle ultra simple du deux-tiers / un-tiers 

Je le répète, un compost repose sur un apport adapté. Les calculs mathématiques sont alléchants, mais ingérables à partir du moment où l’on n’a pas la liste des concentrations en C/N de chaque déchets. Vous voulez une règle simplissime? Retenez cette formule magique:

⅔ de déchets azotés (“verts”) et ⅓ de déchets carbonés (bruns).

C’est probablement la façon la plus simple de gérer un bon équilibre, sans prise de tête. C’est celle que j’utilise. Si vous avez séparé au préalable vos deux types de déchets, il sera aisé de faire votre mélange et garantir un compost à la fois nutritif (son côté “fertilisant”) et qui améliore le sol (son côté “amendement”)

Introduisez des déchets équilibrés à volonté

On a parlé de déchets riches en carbone et de déchets riches en azotés de manière manichéenne. Mais les déchets équilibrés, ça existe. Ce sont ceux qui présentent à la fois du brun et du vert, au rapport carbone azote proche de 30, tout en proposant des matériaux souples et durs. Le Saint Graal ! Les tailles de haies vertes et d’arbustes en feuilles en sont le meilleur exemple. Broyez-les à la tondeuse et introduisez-les directement dans votre compost, sans trop réfléchir à leur quantité. Je vous ai dit, ils sont équilibrés en terme de “concentration” en carbone, ils n’entraînent aucun risque de faire tourner votre compost vers le côté obscur de la force.

Faites d’une pierre deux coups: mélangez facilement vert et brun en même temps

Vous pouvez obtenir un mélange relativement équilibré et prêt à l’emploi en trois coups de cuillère à pot. En automne, lorsque les feuilles mortes tombent en grosse quantité sur votre pelouse, laissez faire … puis passez la tondeuse. Vous tondrez du gazon riche en azote, qui se mélangera aux feuilles mortes riches en carbone. Au printemps, placez vos brindilles, tiges de fleurs fanées sur l’herbe et faites de même. 

Dans le bénéfice du doute, préférez un tas trop riche en carbone que trop riche en azote

Parfois, on ne peut pas respecter la règle du ⅔-⅓, tout simplement parce que l’on n’a pas les déchets adaptés. Si vous n’avez vraiment pas le choix, suivez le conseil de Loïc le jardineur sur sa chaine Youtube: il vaut mieux que vous ayez au pire trop de déchets carbonés. Si le tas se décompose en mode escargot, vous pourrez toujours l’humidifier. Il ne vous donnera peut-être pas un compost très riche, mais ce sera toujours mieux qu’un tas trop riche en azote, qui peut vite rentrer en  fermentation.  

Commencez toujours votre compostage par des déchets bruns

Au fond d’un compost, que ce soit dans un tas ou un bac, il est toujours préférable de déposer une première couche de déchets bruns carbonés. Ne posez pas directement des déchets de cuisine ou les tontes. Une couverture sèche au sol permettra d’absorber les jus de fermentation à mesure du tassement du tas. Votre aire de compostage sera plus propre. 

Mélangez à chaque nouvel apport

Mélangez vos déchets au fur et à mesure de l’incorporation. Dans un bac, ne vous contentez pas d’empiler les déchets comme un mille -feuilles. Comme je le répète plusieurs fois dans cet article, pas de bon compostage sans oxygène. Et comme vous devez mélanger vos déchets pour éviter un tassement, autant le faire régulièrement. Il est illusoire de croire que vous pourrez mélanger l’ensemble du contenu un composteur sur toute sa hauteur! Donc faites au fur à mesure. Qui plus est, en mélangeant chaque apport avec les déchets situés en dessous, vous mettez en contact des déchets frais avec les microorganismes du tas, vous facilitez dans leur décomposition. Tassez bien dans les coins, dans les angles : éviter des poches d’air.

Barman avec shaker
Le compost ou l’art du mélange …

En cas de gros apports, mélangez vos matières brunes et matières vertes avant introduction

Lorsque vous apportez votre petit seau d’épluchures de carotte de la cuisine, il n’est pas compliqué d’introduire ces déchets azotés et de les mélanger à une poignée de déchets bruns, à la louche. C’est une autre paire de manches lorsque vous avez une grosse quantité de tontes : vous risquez de ne pas bien évaluer la quantité de déchets carbonés à apporter en association.

Une bonne idée est de mélanger vos déchets azotés et carbonés avant introduction par petits volumes. Il sera plus simple d’évaluer deux parts d’azotes pour une part de carbonés. Par exemple, utilisez une brouette et séparez-la en trois parties, deux réservées pour les déchets azotés et une pour les carbonés. Mélangez directement dans la brouette et introduisez le tout dans votre compost.

Une poubelle remplie de déchets du jardin, deux parts de déchets azotés, une part de déchets carbonés.
Je divise ma brouette en trois : deux parties remplies par de la tonte, et un partie remplie par des déchets bruns et secs. Je mélange l’ensemble dans la brouette avant de l’apporter au compost.

N’utilisez pas d’activateurs du commerce

Vous en verrez dans les rayons des jardineries, sous forme de poudres ou de granulés. Ils vous promettent monts et merveilles, mais je vous arrête tout de suite: un activateur de compost ne résoudra en aucun cas des problèmes de compost mal tenu.

Un compost trop sec restera trop sec. Un activateur de compost ne palliera pas un excès d’azote et une fermentation anaérobie… En fait, les activateurs ne sont pas très utiles: le compostage est un processus réalisé par les microorganismes en continu dans la nature, et ils n’ont pas besoin de potion magique! Ce sont eux qui déclencheront la décomposition. Ils sont présents naturellement sur les déchets que vous introduisez. Laissez-les faire.

Un des meilleurs activateurs qui soit ? Le compost! Lorsque vous récupérez du compost mûr, ne lavez jamais votre bac. Conservez toujours une petite portion que vous utiliserez pour lancer votre nouveau compost, un peu comme le principe d’une yaourtière. Si vous souhaitez vraiment utiliser un activateur sans faire de dépenses, utilisez des feuilles d’orties, ou de consoude.

Faites pipi sur votre compost

L’urine est riche en azote. Elle ne contient pour ainsi dire pratiquement pas de carbone. Elle est d’ailleurs conseillée comme engrais par certains auteurs. Pourquoi s’en priver au compost ? Pas besoin de diluer dans ce contexte. Alors si l’envie vous prend au jardin, et que vous n’avez pas peur des regards indiscrets ….

Le Maneken Pis
Un petit pipi dans le compost ne fera pas de mal

Ne confondez pas compost en tas et dépotoir

Un compost en tas, vous l’avez compris, est une solution idéale pour les grands terrains aux gros volumes de déchets. Mais ne vous laissez pas tenter par l’idée de déposer des déchets en vrac au fond de votre jardin: les tontes fermentent, les branches restent sèchent, les déchets de cuisine sentent mauvais … Vous n’êtes pas dans une décharge publique!

Respectez quelques principes. Préparez votre sol de manière grossière: si la terre est trop compacte, vous empêcherez les organismes de venir coloniser votre tas. Créez un tas d’environ 1,2 m de haut en mélangeant déchets verts et bruns, avec une base de 1,2 à 1,5 m. Ne faites pas des lasagnes, mélangez vraiment vos deux types de déchets. Créez des murs les plus droits possibles, en formant une sorte de trapézoïde. Une fois la hauteur de 1,2 m atteinte, arrêtez les apports! Couvrez votre tas avec une bâche ou de la paille, et créez un autre tas ailleurs. 

Un tas de détritus au fond d'un jardin
Voilà à quoi ressemblait ce que je nommais « compost », avant de comprendre qu’il s’agissait d’un vulgaire tas d’ordures : à éviter !

Retournez votre tas

Le retournement du tas est indispensable afin d’aérer le tas et le décompacter. Il doit être réalisé assez tôt vers la 2eme à 4 eme semaine, où moment où le tas se tasse. Utilisez votre fourche-bêche ou un croc. Les couches superficielles doivent être placées au centre. Profitez-en pour humidifier l’ensemble si vous l’estimez nécessaire.

Un compost en tas qui s'est tassé après deux semaines
Mon tas de compost trois semaines après sa réalisation. Il s’est drôlement tassé! C’est le moment pour moi de le retourner à la fourche bêche et de reconstituer le tas à sa hauteur initiale

Faites un tas allongé : le serpent de compost!

Je vais vous révélez une variante du compost en tas, qui vous évite le retournement, vous permet de gérer une grosse quantité de déchets, et de récolter du compost au fur et à mesure des besoins. Il s’agit d’un tas de compost allongé : le concept consiste à former un tas assez bas et pas très large  (1 m sur 1,5 m environ) mais que vous allongez au fur et à mesure des apports. Alors oui, il faut de la place pour former ce serpent de compost! Mais lorsque le compost le plus vieux est mûr, vous pouvez le récolter, tout en continuant à ajouter vos déchets à l’autre extremité sans le mélanger au compost produit. 

Utilisez deux bacs voire trois 

Si vous choisissez la méthode du bac, installez au minimum deux containers, l’idéal étant d’en posséder trois. Cette configuration assure une alternance afin de fabriquer plusieurs composts en même temps à différents stade d’évolution.

Un premier bac est dédié à l’introduction des déchets, et la création d’un nouveau tas de compost. Après trois mois, le contenu du premier bac est transvasé dans le deuxième, ce qui permet dans le même temps de le retourner, le mélanger, et l’aérer. Une petite quantité de compost est laissée dans le premier bac, et de nouveaux déchets y sont entreposés : un nouveau compost est démarré. Votre deuxième bac contient un compost “jeune”, utilisable dans certaines indications.

Au bout du 6ème mois, ce compost arrive à maturité : il est transvasé dans le 3eme bac à l’abri, si vous en possédez un, ou dans des sacs, pour être utilisé. Le premier bac est transvasé dans le second, et ainsi de suite. A tout moment, vous avez un bac pour vos déchets, un bac de compost jeune, et un bac de compost mûr. Une véritable ligne de production !

Compostez dans un fût comme un pro

Le compostage en fût est un peu particulier mais peut être d’une grande aide pour les petits jardins. Commencez par introduire 1 cm de petits branchages, puis les déchets ménagers avec un peu de compost mûr qui permettra le démarrage. Pour les apports réguliers, ayez comme toujours, un petit stock de déchets carbonés structurants à proximité, que vous mélangez à chaque apport avec vos déchets de cuisine. Utilisez une tige aératrice, faites un quart de tours une dizaine de fois partout dans le fût. 

Après 3 à 6 mois, vous pouvez commencer à récupérer du compost qui se sera formé au fond du fût. Il s’agit de le démouler comme un château de sable. N’utilisez pas la trappe en bas du fût, ce n’est pas pratique. Défaites les parois latérales. Une fois démoulé, retirez les déchets mal décomposés, que vous pourrez replacer dans le fut pour démarrer un nouveau compost.

Faites un compostage à chaud (mais n’en faites pas une priorité absolue)

Dans un compost, les bactéries prolifèrent de manière exponentielle, et leur activité entraîne une élévation de température. La majorité des méthodes de compostage entraînent une hausse modérée de température. Le compostage à froid reste donc la règle habituelle. Mais si l’idée vous en dit, vous pouvez réaliser un compostage à chaud, qui entraînera une élévation importante de température. Au point d’atteindre les 60°C !

L’intérêt, me direz-vous? L’élimination d’indésirables: la majorité des graines, les germes pathogènes de plantes malades, et les germes d‘animaux. Le compostage à chaud a des inconvénients : la perte d’une grande quantité de carbone et d’azote, et la destruction de certains microorganismes décomposeurs, qui ne supportent pas cette température. Et puis, cela nécessite un volume conséquent de déchets pour fonctionner. Vous n’avez donc pas d’obligation de créer un compost à chaud, à partir du moment où vous pouvez retirer les déchets sensibles dès l’introduction.

Mais en pratique, comment faire ? Le but est de créer un tas de compost d’un très gros volume en une fois (par exemple au printemps ou en fin d’été); Le tas doit être très trapu, et confiné. Évitez à tout prix d’étaler votre œuvre. Et couvrez le tas: cela apportera un effet de confinement encore plus notable. Le tas doit être retourné 2 semaines après;

Faites du vermicompostage… si vous êtes un ami des bêtes

Vous pouvez acheter une vermicaisse dans les magasins de bricolage, ou sur internet. Mais ne vous lancez pas sans un peu d’informations. Sachez que le vermicompostage est assez complexe à gérer, il nécessite un suivi très spécifique. La vermicaisse est sujette à des variations de pH, d’humidité, qu’il faut absolument contrôler. Les vers sont très exigeants ! Imaginez que vous avez un élevage chez vous : ce sont vos animaux domestiques!

Le vermicompostage mérite en soi un article. Je vous conseille la chaîne youtube Lombricompostage facile.

Sniffez votre compost !

Le tas de compost ne doit jamais sentir mauvais. Vous devriez d’ailleurs pourvoir installer un composteur à proximité de votre maison ou de celle des voisins sans nuisances. Une odeur nauséabonde est le signe d’un problème. Votre compost doit sentir une odeur de terre, de sous-bois lorsqu’il atteint sa maturité. Vous reniflez une odeur d’œuf pourri? Si vous n’avez pas utilisé une quantité phénoménale de produits d’origine animale, c’est certainement le témoin d’une mauvaise aération du tas. Un compost trop riche en élément azotés, trop humide, empêche l’oxygénation. Certaines bactéries interviennent dans cet environnement sans oxygène, ce milieu “anaérobie”, et produisent du méthane. Votre tas passe en mode “fermentation”. Vous savez ce qu’il vous reste à faire : apportez plus d’éléments carbonés structurants, et mélangez bien. 

C’est mauvais signe …

Observez la décomposition

Vérifiez tout simplement que vos déchets se décomposent bien. Si des morceaux restent intacts, sans se modifier pendant plusieurs semaines, il y a un hic. Soit vos déchets sont clairement trop gros, et donc difficiles à décomposer : vous ne les avez pas assez fragmentés. Soit ils sont trop secs : passez un petit coup d’arrosoir, ça ne devrait pas faire de mal.

Identifiez votre profil pour gérer un bon équilibre d’humidité: plutôt urbain ou rural ?

L’eau est un élément primordial pour le compost. Pour vous faciliter la tâche, identifiez votre type de compost “urbain” ou “rural” et les erreurs courantes associées. Le compost a besoin d’eau, mais sans excès. Le taux d’humidité parfait pour les êtres vivants décomposeurs avoisine 60 à 70%; En dessous de 50%, la décomposition est plus lente,  assurée par les champignons filamenteux. A l’inverse, trop d’eau signifie moins d’oxygène, donc fermentation anaérobie. 

Même si le schéma est un peu simpliste, il est intéressant de savoir dans quelle catégorie se place votre compost. Il existe deux grandes tendances:

  • le compost “urbain”: c’est le modèle de compostage de la maison de ville en lotissement, peu de terrain, et apport majoritairement issus de la cuisine. Les déchets sont trop humides et trop compacts. La solution consiste à apporter plus de déchets bruns structurants.
  • le compost plutôt “rural” : vous avez beaucoup de terrain beaucoup de déchets de jardin, en particulier beaucoup de branches, de feuilles mortes, des restes de potager et de fleurs sèches. Votre tas aura tendance à être trop sec. La solution sera d’arroser régulièrement votre compost.

Surveillez l’humidité de votre compost par le test du poing

Si vous avez un doute sur le taux d’humidité de votre compost, employez une technique simple d’évaluation à la main. Prenez une poignée de compost dans votre main, et pressez-la : 

  • si de l’eau s’écoule en filet: votre compost est trop humide. Vous devez probablement ajouter des éléments secs et absorbants, et mélangez le tout. Ou carrément sortir votre tas de compost pour le faire sécher quelques jours.
  • si la matière se délite et se casse : c’est trop sec … Avez-vous respecté le bon rapport carbone azote, n’avez-vous pas mis trop de branchages ? Déroulez votre tuyau d’arrosage et asperger abondamment.
  • si une petite boule se forme, se tasse dans votre main, et que quelques gouttes seulement se forme : c’est parfait ! 

Pour se visualiser les choses, regardez cette video à 3min07, qui illustre mes propos.

Si vous observez des filaments blanchâtres, c’est peut-être le moment d’agir

Des filaments blancs prolifèrent sur votre compost: ce sont des filaments mycéliens, autrement dit des champignons. En soit, ce n’est pas un mal, les champignons font partie des organismes décomposeurs, mais ils sont spécialistes de la dégradation des déchets carbonés, riches en lignine. C’est le signe que votre compost est trop pauvre en azote, et probablement trop sec. Votre action: retournez le tas, arrosez le abondamment, et si besoin, ajoutez des éléments azotés (tontes de gazon, reste de cuisine …) pour équilibrer les choses.

Assurez-vous que votre compost est bien mûr par quelques signes simples

Le compost mûr, c’est l’objectif ultime de tout votre travail. A ce stade, il pourra être utilisé dans votre jardin, et en particulier dans votre potager. Il est important de repérer les signaux qui vous annoncent que votre compost n’est pas trop jeune. Un compost mûr apparaît environ au bout de 6 mois et se distinguent pas plusieurs éléments : 

  • il est de couleur sombre, marron foncé
  • on ne reconnait plus les déchets (sauf quelques-uns difficiles à composter). Si vous reconnaissez vos épluchures des bananes, vous êtes vraiment trop pressé !
  • Les animaux se dirigent vers des zones moins bien compostées, comme les vers rouges, car ils n’ont plus grand chose à consommer.
  • Des graines germent: des plantes sauvages commencent à germer spontanément sur votre compost. C’est un signe très spécifique : le compost trop jeune inhibe la germination des graines.

Faites un test de germination du cresson

Si vous n’êtes pas sûr que votre compost soit mûr, tentez cette expérience: munissez-vous de graines de cresson. Remplissez un pot de fleur avec un mélange de la terre et de compost (environ 40 % de compost). Faites un pot témoin avec de la terre seule. Semez les graines, en humidifiant bien. Recouvrez de 5 mm de substrat (soit le mélange, soit la terre seule, en fonction de votre pot. Attendez une semaine. le cresson doit pousser dans les pots de terre. Si aucun cresson n’a poussé dans les pots contenant le compost, c’est que ce dernier est encore trop jeune. Si le nombre de plants est identique entre les deux pots, c’est prêt!

Tamisez votre compost

C’est une étape généralement indispensable, si l’on souhaite obtenir un compost homogène. Même en s’assurant de broyer un maximum de déchets avant introduction, il peut persister des éléments mal digérés. Usez de l’huile de coude en mode chercheur d’or ! Placez-vous sur un sol propre, pour éviter de mélanger votre compost à d’autres déchets. Vous pouvez vous placer directement au-dessus d’une poubelle par exemple, qui servira de lieu de stockage du précieux produit.

Un tamis au dessus d'une poubelle
Je positionne directement mon tamis sur une poubelle et je remue. L’avantage étant que le diamètre correspond à celui de la poubelle,

Conservez votre compost mûr dans des contenants au sec

Une fois mûr, conservez-le dans des sacs que vous placerez à l’abri. Ce serait dommage de laisser cet “or brun” se dégrader. Avec la pluie, le compost a tendance à subir un lessivage, et à perdre un certain nombre d’éléments nutritifs. Dès que le compost est mûr, protégez-le. Si vous n’avez pas un bac couvert dédié à sa conservation, retirez le compost de votre aire de compostage, déversez le dans de gros sac vide (de type terreau du commerce) ou un container bien au sec. Ou utilisez-le directement au potager! Un compost peut être utilisé dans l’année qui suit sa production. Au-delà, sa qualité se dégrade.

Regardez des vidéos

Si le texte et les photos ne vous suffisent pas, je vous propose quelques liens ci-dessous de vidéos tirés de youtube, qui traitent du compost : 

Comment valoriser le déchets ménagers sans composter : Didier du Potager du paresseux explique le compostage en surface : https://www.youtube.com/watch?v=dd6VozoTaSw&t=281s

Comment faire le meilleur compost (Potager d’Olivier) : https://www.youtube.com/watch?v=6h6FE7goLZM

Comment faire un compost en 20 jours ! Damien de Permaculture agroécologie ect explique une technique de compost à chaud : https://www.youtube.com/watch?v=lKAxBKRfL5A&t=10s

Elie du Potager du bonheur explique comment il fabrique son compost en évitant les nuisances : https://www.youtube.com/watch?v=mqGu6gfMiPs&t=287s

Loïc le jardineur montre sa technique de lombricompost et de compost plus classique : https://www.youtube.com/watch?v=raCgrGEX-R4&t=1s

Lisez des ouvrages de références

Si vous souhaitez approfondir le sujet, je ne saurais que vous recommander deux ouvrages qui abordent le sujet du compost. Vous y trouverez des informations en détail, notamment si le lombricompostage vous intéresse. Ils m’ont servi de référence pour écrire cet article et mettre en pratique dans mon jardin ! 

Couverture du libre 'Compost en 10 leçons et 3 pommes pourries"

Compost en 10 leçons et 3 pommes pourries un petit ouvrage très synthétique, mais très pratique, qui explique les différents types de compost, notamment le fut, parfois grand oublié. Une bonne entrée en matière. Mais si vous souhaitez en savoir plus, vous risquez de rester sur votre faim.

Couverture du livre "Compost et paillis"

Composts et paillis: Pour un jardin sain, facile et productif (terre vivante) : mon livre de chevet. A la fois extrêmement technique, et pratique, il reste accessible à tous. Cet ouvrage à l’énorme avantage de consacrer une bonne partie de ses pages à la valorisation des déchets sous forme de paillis, et d’expliquer les avantages et inconvénients de chacun des matériaux. Achetez le, franchement vous ne serez pas déçu (et je n’ai pas de lien d’affiliation)

Couverture du livre "Composter en ville"

Composter en ville (Rustica) : comme son nom l’indique, ce livre aidera tous les citadins apprentis jardiniers à valoriser leurs déchets.


Bac à compost rempli de déchets verts

Vous avez compris ? Au jardin et à la cuisine, rien de se perd, tout se transforme.

Vous avez en votre possession des dizaines de conseils aux différentes étapes du compostage, aussi bien dans le choix des déchets, leur préparation, l’optimisation du mélange, jusqu’à l’ultime étape de récupération.

Il faut être honnête, il y a du boulot, je ne le nie pas. Broyer des branches peut vous prendre des heures. Mais en comparaison au temps passé à charger votre voiture ou votre remorque en sac remplis de déchets pour les mener à la déchetterie, je crois que vous avez vite fait le calcul. Tout ce temps consacré vous permettra de produire un compost de qualité qui vous le rendra au centuple sous forme de légumes délicieux.

Commencez par acheter un seau à compost pour votre cuisine. Au jardin, rassemblez tous vos déchets bruns : ils vous serviront de stocks pour faire votre fameux mélange ⅔ ⅓. Et à la prochaine tonte de gazon, constituez un premier compost.

Il y a probablement d’autres astuces de compostage que je n’ai pas citées: n’hésitez pas à me faire partager vos idées en commentaire (l’indication du mail est facultative). Dites-moi si cet article vous a plu, et les sujets que vous voudriez aborder. Je répondrai avec grand plaisir. Bon jardinage!

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Catégories : Techniques

4 commentaires

John · 07/05/2020 à 12:16

Super article ! Merci beaucoup !

François · 08/05/2020 à 5:16

Merci John

jack · 29/08/2020 à 12:14

excellente synthèse.
Dans mon cas, je constate qu’aux pieds des tuyas les branches se sont décomposées pour faire un bon terreau. Sous les pins, meme constat les aiguilles sont bien décomposées. Du coup j’ai bien envie de les utiliser sachant que mon terrain argilo-calcaire est plutot haut en ph.

François · 02/09/2020 à 12:53

merci Jack. La question de l’acidité des aiguilles de certaines espèces et son impact sur le sol est semble-t-il controversée. Certains affirment que l’impact est finalement très minime. Il n’y a pas de danger à essayer de les utiliser en paillis, mais pas certains que cela réduise considérablement votre pH.

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