Comment cultiver des fraises dans votre jardin en partant de zéro : le guide complet

Publié par François le

Panier rempli de fraises
Crédit photo : Benigno Hoyuela

Vous êtes surement comme moi, à mes débuts.

Vous rêvez de remplir vos paniers de belles et grosses fraises juteuses, tout droit sorties de votre jardin.

Seulement voilà : vous n’avez encore rien planté au potager. Pas un fraisier. Nada.

Pire : vous avez peur de vous louper. Peur de mal vous y prendre par manque d’expérience. Avec votre veine, vous vous retrouverez encore avec trois fraises qui se battent en duel ! Alors pourquoi se faire tant de mal ? 

Dites adieu à vos craintes, lisez ce guide pratique. Je vous explique pas à pas l’ensemble des étapes pour cultiver vos fraises chez vous. Même si vous n’y connaissez rien.

Entre nous, si vous cultivez un potager, vous DEVEZ IMPÉRATIVEMENT planter des fraisiers. 

Vous doutez ?

Laissez-moi vous convaincre :

  • Les fraises, c’est incroyablement simple à cultiver. Pas de prise de tête. Aucun semis, pas de graine, on achète sans effort des plants en godet. L’entretien pendant la saison est basique.
  • Vous obtenez des fraises tout de suite. Le fraisier produit dès la première année. Le retour sur investissement est indéniable en comparaison à des arbres fruitiers. Quand vous plantez un pommier, vous attendez plusieurs années pour espérer voir des fruits pointer leur nez.
  • Vous savourez vos fraises pendant toute la saison. L’abondance des variétés vous permet de produire de mai à septembre.
  • La plante reste en place des années (c’est une plante “vivace”). Le fraisier donne naissance à des fruits tous les ans. Il ne craint pas le gel, son feuillage repousse à chaque printemps. Un coriace. Une fois planté, vous pouvez donc en profiter plusieurs années. Les ouvrages affirment que le fraisier s’épuise au fur et à mesure des saisons et que sa production baisse drastiquement dès la troisième année.   Mais des jardiniers déclarent avoir conservé leurs pieds bien plus longtemps, jusqu’à 10 ans, à condition d’apporter tous les ans suffisamment d’éléments au sol. 
  • On peut cultiver des fraisiers globalement partout, quelque soient les régions,  en zones tempérées (excepté en haute altitude, à plus de 1500 m).
  • Les fraises cueillies dans un jardin ont un goût inégalable. Elles surpassent celles du commerce.  Le différentiel est énorme, et l’effort de culture (minime) se justifie largement.
  • En consommant vos propres fraises, vous en avez pour votre argent. Vous économisez le prix des barquettes du commerce.
  • Vous produisez de nouveaux fraisiers gratuitement : la plante peut se multiplier indéfiniment ! Le fraiser émet chaque année des rejets, qu’on appelle stolons; Ces longues tiges présentent à leur bout des mini-fraisiers. Des sortes de “bébés fraisiers”, que l’on plante directement dans la terre. Dès la deuxième année, vous multiplier par deux vos pieds de fraisiers. Vous n’avez plus aucune raison de racheter des plants dans le commerce.

Ça donne sacrément envie de se lancer, n’est-ce pas ?

Mais attention !  Je vous mets en garde: la fraise se la joue gloutonne et assoiffée. Si la culture paraît accessible à première vue, il faut connaître les grands principes à respecter pour assurer une bonne production.  

C’est tout l’objet de ce guide.

Mettons carte sur table : j’ai commis des erreurs dans mon jardin. Je vous les livre au fil des paragraphes. Rassurez-vous, je ne m’étendrai pas dessus, mais cela vous permettra de ne pas reproduire les même âneries.

Motivé pour réussir votre culture de fraises ? Démarrez illico en trouvant votre coin idéal.

Etape 1 : Délimitez l’emplacement

En pratique, il est indispensable que vous sachiez où planter vos fraisiers et la surface nécessaire.

Pour votre potager, comme dans l’immobilier, suivez le principe cher à Stéphane Plaza : “l’emplacement, l’emplacement, l’emplacement !”

Stéphane Plazza
« Montre moi ce joli potager « 

Les plantes sont comme des chercheurs d’appartements : exigeantes sur la localisation, elles  réclament un bon ensoleillement. 

Autre point de précision : vous regroupez tous vos fraisiers dans un seul et même endroit. 

En mode collocation. 

Il est illogique de les éparpiller çà et là dans tout votre potager au milieu d’autres cultures. 

Pour quelle raison ? Tout simplement pour faciliter vos récoltes au cours de la saison. Pour faciliter l’entretien. Pour assurer la multiplication de vos plants, qui émettent des rejets, les fameux  stolons.

Le schéma de culture proposé dans cet article comprend 2 carrés de 1,2 m de largeur chacun. Cette surface vous permet de produire en théorie 3 kg de fraise. Un seul carré, c’est un peu juste.

Lorsque j’ai commencé mon potager dans ma nouvelle maison, j’ai tout de suite sauté sur l’occasion pour me lancer dans la culture des fraisiers. Je ne l’avais pas encore testée. J’ai choisi une zone bien ensoleillée, proche de mon arrivée d’eau, loin des arbres. Jusque-là, rien de bien original .Je n’ai fait qu’un seul carré. Force est de constater a posteriori que c’était exigu. 

A quel endroit planter des fraisiers

Choisissez un emplacement le plus adapté pour vos fraisiers dans votre jardin. Certains conseils valent pour toute culture.

1 Sélectionnez un endroit ensoleillé pendant au minimum 6 heures dans la journée.

Soyez observateur : regardez votre jardin à différents moments de la journée, repérez les ombres portées (haies, murs …)

2 Soyez à proximité d’un point d’eau. 

Ce dernier point vous paraît futile ? Il est primordial. 

Vous devez fournir de l’eau à vos fraisiers. Et même probablement installer un goutte à goutte…  Autant anticiper les galères de déplacements dès maintenant.

Si vous habitez le sud de la France métropolitaine, ou toute région chaude, il peut être judicieux d’être à “mi-ombre” pour éviter l’assèchement excessif de votre terrain. Mais promettez-moi de ne pas faire l’excès inverse : ne soyez pas à l’ombre…

3 Délimitez deux carrés de 1,2 m sur 1,2 m pour votre fraiseraie. 

La largeur est spécialement conçue pour accéder sans problème au centre du carré à portée de bras. Eh oui, il faut bien cueillir les fruits du milieu !

4 Réservez un espace de 80 cm autour de chaque carré.

Prenez l’habitude de conserver un espace de ce type pour faciliter vos déplacements. en particulier si vous utilisez une brouette.

Maintenant que la zone de culture est déterminée, passons aux choses sérieuses.

Étape 2 : Nourrissez votre sol

Vous devez apporter de quoi alimenter vos plantes correctement. 

A l’instar de certaines plantes du potager, comme la tomate , le fraisier a toutes les caractéristiques d’un gros gourmand. Il lui faut un stock de “nourriture” adéquat. Pour reprendre la métaphore du locataire d’appartement, il doit avoir un accès rapide à des commerces.

Il ne se contente pas de la petite supérette du coin. Il réclame son hypermarché. Si vous partez de zéro, il est fort probable que votre sol ne soit pas assez riche. 

Le principe consiste à apporter un fertilisant naturel.

Vous connaissez le roi du potager ?

Le compost.

Petit rappel : le compost, c’est un mélange de déchets végétaux en décomposition. Une fois le processus bien avancé, cet excellent produit améliore la richesse et la vie du sol.

Le compostage mérite à lui seul un article : si vous voulez fabriquer dès maintenant ce formidable fertilisant, c’est ici.

Je vous renvoie également vers cette vidéo de l’excellent Damien Dekarz sur sa chaine youtube “Permaculture agroécologie etc”. Ce grand pédagogue n’est plus à présenter: ses tutoriels sur la permaculture sont des références sur la toile. Il  vous explique en détails les principes du compostage

Vous pouvez très bien apporter d’autres types de fertilisants. Par exemple, du fumier, ce charmant mélange de déjections d’animaux (crottins de cheval par exemple) et de leur litière (paille). Je vous épargne les odeurs.

Je déteste le fumier

Vous l’avez compris, le principal avec les fraises, c’est davoir un sol RICHE comme Crésus.

Dans mon jardin, j’ai décompacté le sol à la grelinette (un outil proche de la fourche, chère aux jardiniers adeptes de permaculture). J’ai semé de la moutarde, en me disant que les racines de ces plantes permettraient de décompacter le sol. J’ai également recouvert d’une épaisse couche de feuilles mortes autour de mes plants.  Le résultat ? Cet apport n’a apparemment pas suffit à améliorer mon le sol pour la culture des fraises. Oui, le sol était un peu meilleur, mais pas assez. En somme, c’est comme si j’avais fourni une salade verte à un rugbyman du 15 de France avant un match ! 

Comment bien préparer le sol pour ses fraisiers ?

1 Nettoyez votre sol

Si votre sol est recouvert de gazon, tondez-le. Puis retirer les mottes de gazon à l’aide d’une bêche. Si votre sol est nu, éliminez simplement  les “mauvaise herbes” à la main. Portez des gants. 

2 Décompactez votre sol et ne le retournez pas. 

Ou, je sais : l’idéal dans un potager, c’est le non travail du sol. C’est ce que préconisent les méthodes inspirées de la permaculture. On le lit partout. Interdiction de chambouler l’architecture du sol et la vie locale. 

Les vers de terre ne veulent pas connaitre la bataille de Verdun !

Soyons un peu lucide. La première année, le sol est rarement travaillé comme on le voudrait. Il est souvent dur comme la pierre. A moins d’avoir déposé une belle couche de matières végétales depuis plusieurs mois, vous devrez un minimum décompacter tout cela.

Vous pouvez manier la grelinette. C’est un joli outil, tendance. Mais terriblement cher. Disproportionné pour un petit potager de débutant. Vous pouvez aussi vous en tirer avec une simple fourche. 

L’essentiel, c’est de ne pas retourner le sol.

Autrement dit : ce qui est à 20 cm en profondeur, doit rester à 20 cm de profondeur  On ne joue pas au motoculteur.

Ameublissez sur environ 15 cm en plantant votre fourche dans la terre. Faites des petites mouvements de va et vient avec votre manche pour casser la terre en surface. 

Dans un deuxième temps, vous pouvez utiliser un râteau ou une petite serfouette (outil à manche qui comprend un racloir) pour casser les grosses mottes et affiner la terre. Vous pouvez essayer à la main, avec des gants, si vous n’avez pas d’outil adapté.

Mais bon courage !

3 Recouvrez de compost

Utilisez un compost demi mur c’est à dire qui est partiellement décomposé (environ 6 mois) ou mur (environ 1 an).

Je vois dans vos yeux un grand sentiment de solitude … 

Vous n’avez pas de compost dans votre jardin. 

C’est tout à fait compréhensible, cela nécessite du temps et de l’espace. C’est rarement le cas si vous débutez.

Pas de panique.

Vous pouvez vous fournir en compost dans des déchetteries qui le produisent à partir des déchets végétaux. Il est vendu en sac.

Une alternative au compost ? Le fumier.

C’est un excellent fertilisant. Mais ce n’est pas tout le monde qui peut s’en procurer! 

La dernière option est de vous fournir en produits fertilisants naturels dans les jardineries. Ils sont en général composés de fumiers de cheval et d’algues, des éléments qui améliorent naturellement le sol. Ces produits peuvent vous rendre un grand service. Renseignez-vous auprès des vendeurs et assurez-vous que vous achetez du 100% naturel.

Maintenant, je vous vois venir, vous allez me rétorquer: combien dois-je apporter de compost ?

Les sources diffèrent, mais vous pouvez retenir qu’il faut apporter environ 7 kg pour chacun de vos carrés, soit un total de 14 kg. 

4 Mélangez tout ce beau monde.

Griffez avec un râteau pour mélanger la terre et le compost. A défaut de râteau, mélanger à la main (si c’est le cas, vous devriez sérieusement réfléchir à acheter du matériel !!!).

Maintenant, que vous avez deux carrés dédiés aux fraisiers et bien amendés, il faut les protéger. C’est ce que nous allons voir tout de suite.

Etape 3 : Paillez votre sol

Paillis d'aiguilles de pin pour la culture des fraisiers
Crédit photo : Thomas Millot

Dernière exigence de nos chers fraisiers : la literie… Vous allez recouvrir le sol d’un paillis adapté, c’est à dire d’une épaisseur de matière végétale adaptée.

Qu’apporte un paillis ? Le bénéfice est double : pour le sol, et pour les fraises.

Concernant le sol, il n’y a rien de bien original à vouloir pailler son potager. C’est même un des principes fondamentaux des méthodes de jardinage inspirées de la permaculture.

Si vous ne deviez retenir qu’une phrase : ne laissez jamais votre sol à nu.

Couvrir un sol a énormément d’avantages : 

  • vous évitez la montée de graines et la formation de “mauvaise herbes”
  • vous limitez l’évaporation de l’eau et maintient l’humidité du sol
  • vous apportez des éléments nutritifs au sol par décomposition progressive de la matière végétale

Et pour les fraises, quel est l’intérêt d’un paillis ? 

Eh bien, d’éviter qu’elles ne s’abîment. Ces jolis fruits ont beau être délicieux, ils n’en sont pas moins altérables et sujets aux moisissures lorsqu’ils sont en contact avec le sol.

Pour peu qu’il pleuve sur une période longue et que votre fraise se trouve par terre, vous observerez à coup sûr un phénomène qu’on appelle pourriture grise. Votre fraise se recouvre d’un magnifique duvet causé par un champignon qui la rend immangeable.  

Direction la poubelle. 

Vous discerner l’intérêt de ce paillage ? Il limite ce trop-plein d’humidité.

Quel paillis choisir pour ses fraisiers ?

Les fraisiers, à la base, ce sont des plantes des sous-bois. Ils poussent sous les arbres, sous la forme de fraisiers des bois. Dans la nature, ces espèces sont donc naturellement dans des lieux couverts de débris végétaux issus des arbres et c’est ce qui leur convient le mieux. Essayez donc de reproduire un environnement similaire dans votre potager.

Une autre méthode de couverture du sol est largement répandue dans les potagers, inspirée du maraîchage commercial : celle de la bâche plastique.

Alors, oui, c’est assez efficace pour retenir les mauvaises herbes. 

Mais non,  la bâche plastique n’apporte rien au sol. A l’inverse du paillis naturel, elle ne se décompose pas, et n’améliore donc en rien la qualité du sol. Et retenez également, qu’à chaque saison, il est nécessaire d’apporter du compost à une fraiseraie : en conséquence, il faudra que vous retiriez tous les ans cette couverture. 

Bref, on oublie la bâche.

Dans mon potager, j’ai immédiatement recouvert ma parcelle d’un paillis, car je connaissais déjà les grands principes tirés de méthodes de permaculture. Cependant, j’ai utilisé essentiellement des feuilles mortes. Bien qu’elles soient un composant proche de la forêt, elles sont restées très humides pendant la période hivernale, ce qui pouvait constituer un risque de pourrissement pour mes fraisiers. Pendant la belle saison, j’ai utilisé de la paille. Plus sèche, elle convient bien car elle évite le contact direct des fraises avec le sol. Ce n’est cependant pas un matériau issu de la forêt.

Comment bien pailler le sol pour ses fraisiers

Etalez une bonne épaisseur d’un paillis composés de matériau issus de la forêt : 

  • broyats de branches : ils peuvent être fabriqués à partir de vos branches taillés dans votre jardin, à l’aide d’un broyeur. Vous pouvez louer des broyeurs dans certaines municipalités, renseignez-vous.
  • écorces
  • aiguilles de pins 

Les aiguilles de pins représentent le paillis idéal. 

Si vous avez un pin dans votre jardin : bingo!  Vous pouvez utiliser les aiguilles sèches qui tombent au sol, car les fraisiers se plaisent naturellement sous les résineux en milieu acide. Ce n’est franchement pas un paillis très adapté pour les autres plantes du potager, alors profitez-en pour valoriser ces aiguilles ! 

En plus, les aiguilles de pins dissuadent les limaces et les escargots, c’est donc tout bénef.

Une autre source intéressante, ce sont les feuilles de thuyas broyées.

A défaut, vous pouvez vous procurer de la paille.

Couvrir son sol, ce n’est pas synonyme de déposer n’importe quel matériau végétal. La dégradation doit être lente. Oubliez donc les tontes de pelouses, qui se décomposent trop vite et peuvent pourrir si elles sont déposées en couches épaisses. En plus, les fraises risquent de s’y coller.

Votre sol est désormais prêt à recevoir vos fraisiers. Vous vous demandez quelles variétés acheter ? La réponse au prochain chapitre.

Etape 4: Achetez des plants de fraisiers en mélangeant les variétés

Plant de fraisier en godet

A cette étape, vous achèterez le nombre adéquat de plants de fraisiers en godets, c’est à dire en pots tout prêts. Et vous porterez une attention particulière aux types de variétés.

Les plants en godets, c’est vraiment le pied pour les débutants. On achète le plant tout prêt, à un stade avancé, et on le plante. Basta. 

N’essayez pas de chercher à faire des semis de fraisiers : on le verra plus tard, le fraisier se multiplie à l’aide de rejets, que vous replanterez dans la terre. Donc inutile de vous prendre la tête avec ce genre de considérations.

La vraie difficulté, c’est qu’il faut que vous fassiez une sélection parmi les dizaines de variétés qui s’affichent dans les rayons des jardineries : “Gariguette”, “Ciflorette” et autres “Mariguette” ! 

Le choix des variétés peut se voir sous l’angle des différences de fruits (la taille, l’aspect et le goût des fraises). Mais il est aussi fondamental pour garantir une production étalée dans la saison. 

Pour bien assimiler tout cela, prenons le temps de présenter les différents types de fraisiers.

Tout d’abord, retenez ceci: les fraisiers sont classés en deux grands groupes. 

  • les fraisiers remontants
  • les fraisiers non remontants

C’est ce qui est indiqué en gros sur les étiquettes des pots que vous achetez. C’est ce que vous devez regarder en priorité.

Il existe une troisième catégorie, moins connue, qui correspond à des fraisiers qui donnent des fruits proche des fraises de bois, les fraisiers “Quatre Saisons”

Il faut absolument prendre en compte les deux principaux types pour garantir une production de fraises tout au long de votre saison.

Quelle différence entre fraisiers remontants et non remontants ?

Les fraisiers NON REMONTANTS donnent des fraises une seule fois dans l’année. Cette période de fructification se concentre sur 3 à 4 semaines, généralement au mois de mai et juin. 

Après, plus rien. 

Ça vous parait court ? Oui, c’est vrai, mais quand ils produisent, ils se surpassent! C’est l’avantage de ces variétés : beaucoup de fruits. 

La période de production peut différer légèrement selon la variété : certains remontants sont hâtifs (fruits précoces dans la saison, en mai) d’autres plus tardifs (la production peut s’étendre sur juillet).

Les fraisiers REMONTANTS, quant à eux,  donnent des fraises pendant un mois, s’arrêtent en général pendant un mois (un coup de mou vers juillet) puis redonnent des fraises de début août à fin septembre environ. Il y a donc une seconde production : les cueillettes de fraises s’étalent sur la saison. 

Il faut bien leur trouver un inconvénient : les fraisiers remontants produisent plusieurs fois, mais en plus faible quantité. C’est le revers de la médaille.

Comment retenir tout ça et avoir une vue d’ensemble ? 

Prenons l’image de cyclistes, qui font de la course de montagne.

Infographie comparative des fraisiers remontants et non remontants. Le fraisier non remontant produit sur une courte durée de manière intensive. Le fraisier remontant présente une production plus étalée dans la saison.

Le fraisier non remontant, c’est le cycliste capable de grimper un sommet en haute altitude. Mais une fois l’effort soutenu, après la descente, il ne remontera jamais une côte.

Le fraisier remontant, c’est le cycliste qui ménage ses forces. Il ne monte peut-être pas aussi haut, mais, une fois sa première ascension passée, il sera capable de REMONTER la pente pour une deuxième grimpette.

Imaginez qu’en plus, certains cyclistes « remontants » grimpent plus précocement, ou plus tardivement dans le temps (variétés précoces et variétés tardives)

Pourquoi il est important de mélanger les variétés de fraisiers

Vous commencez à comprendre où je veux en venir: si vous associez les deux types de fraisiers remontants et non remontants, vous profitez des bénéfices de l’un en compensant ses défauts. Vous profitez de la grosse production des non remontants, mais vous assurez la production en fin de saison grâce aux remontants.

Et si, en plus de cela, vous essayez plusieurs variétés au sein de chacune des deux classes, vous pouvez étaler davantage la production en jouant sur les caractères plus ou moins tardifs et tout en goûtant à de multiples saveurs !

Je fais un aparté sur la troisième catégorie de fraisier que j’ai citée : les quatre saisons. Ces types de fraisiers sont un peu à part : ils donnent des fruits un peu tout le temps, mais de toute petite taille. 

On se rapproche donc plus de la fraise des bois. Ces fraisiers sont bien plus sensibles au soleil et préfère la mi- ombre. Vous pouvez en essayer sur un ou deux pieds, mais ne focalisez pas toute votre fraiseraie sur ce genre de plants.

Un dernier point important : achetez  le bon nombre de fraisiers, calculé ici pour deux carrés la première année. Inutile d’en acheter plus : vous pourrez de toute manière les multiplier en fin de saison.

Pour mon carré, j’ai acheté 9 fraisiers sur le marché. C’était tentant, parce qu’ils étaient vendus en barquettes de trois. J’ai choisi des remontants, en me disant que cela permettrait d’étaler mes productions. L’erreur fatale, ça a été de choisir une seule variété : j’ai mis tous mes œufs dans le même panier. Cette variété produit assez peu, et je me suis retrouvé avec un petit pic en juin et fin août, mais rien de fou le reste de la saison. Et j’ai surtout goûté à un seul type de fraise….

Comment acheter ses fraisiers et quelles variétés choisir ?

Trouvez un vendeur de plants de fraisiers. Les jardineries en étalent par dizaines, vous n’aurez pas de soucis pour en trouver. Si vous pouvez, essayez de visiter un horticulteur du coin, ou un maraîcher qui auront surement un choix plus large de variétés. Préférez un plant bio.

Votre objectif est d’acheter 9 plants pour chaque carré soit un total de 18 plants.

Cela peut paraître beaucoup, mais en réalité, vous investissez sur l’avenir: vous allez les multiplier en fin de saison si vous vous débrouillez bien.

La règle du jeu, vous l’avez compris, c’est de varier au maximum les variétés achetées en mélangeant fraisiers remontants et non remontants.

Quelles variétés devez-vous sélectionner ?

Eh bien ça dépend ! Le goût est inséparable du sol et du climat, le fameux “terroir”. Si vous avez la chance de connaître un jardinier du coin, il pourra vous conseiller. Vous pourrez peut-être même goûter quelques spécimens.

Mais il y a de grandes chances que ce ne soit pas le cas…. Alors je vous ai un peu aidé.

Pour vous faciliter la tâche, j’ai collecté des données de différents sites internet et bouquins. J’ai croisés les données, tenté de trouver les éléments récurrents, les variétés citées, les coups de cœur.

Ce qui compte, c’est de la productivité et du gout. Et voici ce qui ressort : un petit palmarès de fraises incontournables à planter.

Alors oui, la méthodologie peut être discutable. Et la liste est loin d’être exhaustive. Mais c’est une bonne base pour une première fraiseraie.

Vous serez de toutes manières confronté à une limite : celle de la disponibilité dans vos magasins. Certaines variétés sont plus courantes que d’autres. A vous de sélectionner ce qui vous paraît le plus approprié. A vous de tester des variétés non citées ! Et indiquez-moi en commentaires vos retours d’expérience.

Les meilleures variétés de fraisiers NON REMONTANTS

Précoces

Gariguette : c’est une grande classique, car une des plus précoces. Un fruit ferme, savoureux et acidulé, de forme allongée.

Ciflorette : ferme, très parfumée, un goût de fraise des bois et productive. Intéressante si vous trouver la gariguette trop acide. Elle est de forme allongée

Surprise des halles : une variété ancienne et précoce.

De saison

Rubis des jardins : les fraises apparaissent un peu plus tard.

Les meilleures variétés de fraisiers REMONTANTS

Annabelle : parfumée

Charlotte : fruit parfumé, orangé, avec un bon rendement

Mara des bois : un autre grande classique, au parfum de fraises des bois prononcé, variété sans stolons, très productif mais petit fruits, facile à cultiver

Maestro : son intérêt réside dans la taille de ses fruits, jusqu’à 50g = une des plus grosses fraises !

Nova Gento : calibre du même tonneau

Et la variété à part : les quatre saisons : Reine des vallées: à tester, variété sans stolons, type fraises des bois donc petits fruits, produit très longtemps, de juin à octobre.

Si vous souhaitez approfondir la choses, je vous conseille de jeter un oeil sur cette page qui établit un test comparatif des variétés de fraises, en termes de gout et productivité.

Maintenant que vous avez cette base, à vous de sélectionner 18 plants en variant au maximum les goûts et les couleurs. Essayez d’intégrer de la grosse fraise, de la petite fraise des bois…

Mais surtout, surtout, répartissez correctement les variétés remontantes et non remontantes. Essayez de trouver des variétés non remontantes de différentes précocités.

Un exemple de liste de courses

Un bon équilibre pourrait être 8 plants de non remontants et 8 remontants + 2 quatre saisons

Voici un exemple de liste de courses clef en main, à moduler selon les disponibilités de vos fournisseurs

8 plants de non remontants

  • 2 plants de très précoces : Gariguette
  • 2 plants de précoces : Ciflorette
  • 2 Plants de précoces : Surprises des halles
  • 2 plants de saison : Rubis des jardins

8 plants de remontants 

  • 2 plants de Annabelle
  • 2 plants de Mara des Bois
  • 2 plants de Charlotte
  • 2 plants de Maestro ou de Nova Gento

2 plants de Quatre saisons 

  • Reine des Vallées

Félicitations! Vous avez sélectionné  votre savant mélange de fraisiers remontant et non remontants.  Une minute … Si vous les achetez, c’est que vous souhaitez les planter dans la foulée. Mais êtes-vous sûr de les acheter et les planter à la bonne période ?

Et si vous achetiez dans le même temps quelques tomates ? Je vous livre la liste des variétés incontournables dans ce guide complet.

Etape 5 : Plantez vos fraisiers au bon moment

Pied de fraisier

Attention, on ne plante pas ses fraisiers n’importe quand dans la saison. Techniquement, on peut le faire tout l’année. Mais il y a des moments plus propices. 

La période idéale de plantation des fraisiers reste le début de l’automne (fin septembre/début octobre)

Pourquoi autant de précaution, me direz-vous ? 

Parce que le fraisier a un cycle de vie particulier. En automne, la plante accumule des réserves nutritives sans ses racines. En hiver, le fraisier est en dormance. 

Vous l’aurez compris : en plantant les fraisiers à la fin de l’été / début de l’automne, vous favorisez leur enracinement. Les fraisiers résistent mieux et produisent plus.

Personnellement, j’ai planté mes fraisiers vers octobre. Tout simplement parce que j’ai acquis le jardin en septembre, que j’ai commencé aussitôt à préparer le terrain. Je suis tombé sur un maraîcher qui vendait des fraisiers à cette période, je n’ai pas résisté à la tentation!  .J’ai plutôt vu juste sur ce coup, car mes plants ont pu s’adapter pendant l’hiver. 

Quand planter des fraisiers au jardin ?

1 Si vous lisez cet article à la fin de de l’été : vous êtes dans le timing parfait!

En septembre, vous pourrez préparer votre sol et planter vos fraisiers. Il suffira de patienter. Vous bénéficierez d’une pleine production de l’ensemble des variétés l’année prochaine.

2 Si vous lisez cet article en hiver ou au début du printemps: rien n’est perdu.

Vous pourrez planter vos fraisiers quand le sol se réchauffera en mars ou avril. Toutefois attention, certains de vos fraisiers ne vont pas produire. 

Pour les  variétés remontantes, vous pouvez espérer obtenir des fleurs qui vont donner des fruits au cours de la saison. Pour les variétés non remontantes, celles qui produisent en mai-juin, c’est moins gagné. La production se fera surtout à partir de l’année suivante.

3 Si c’est le début de l’été : eh bien, vous avez loupé le coche pour une production cette année…

Si vous plantez un fraisier maintenant, il ne devrait pas donner. Et les températures seront probablement un peu hautes pour une plantation. Donc autant attendre quelques mois pour acheter et planter des fraisiers au mois de septembre/octobre, et avoir un sol pas trop sec. 

C’est le bon moment pour vous ? Bien. Vous avez acheté tous vos plants et ils attendent sagement sur le perron de votre maison. Bien. Il ne faut pas tarder pour les planter. Comment s’y prendre?

Etape 6: Plantez vos fraisiers correctement

Les fraisiers se plantent en pleine terre (ceci dit, vous avez la possibilité de les planter dans des gros pots, mais ce n’est pas l’objet de cet article). Il y a quelques précautions à prendre : le plant doit être bien positionné aussi bien en hauteur qu’en largeur.  

Une attention particulière doit être portée sur le niveau d’enfouissement, et l’espace entre chaque pied.

Collet …

Faisons connaissance avec l’anatomie de Monsieur Fraisier. Vous ne le saviez peut-être pas, mais ce dernier présente un collet : c’est la touffe centrale de la plante.  Regardez le schéma pour vous le représenter. 

Schéma d'un fraisier. Le collet est le lien entre les racines et le feuillage. Il ne doit pas être enterré.

Si cette partie est enterrée, il y a un risque important de pourrissement. Et vous pourrez dire adieu à vos récoltes de fraises… Si la plantation est trop superficielle, le collet et le commencement des racines s’assécheront 

L’essentiel est donc de placer ce collet au bon niveau.

… serré ?

Le deuxième élément à prendre en compte se joue sur l’espace entre les plants. Le fraisier a besoin d’espace.

Pourquoi ? Tout simplement parce que des plants trop serrés peuvent entraîner une stagnation d’eau.  Qui dit humidité, dit maladie. 

Relativisons ! 

En fait, ce problème d’humidité va dépendre en grande partie de votre climat. Si vous habitez une maison normande, le climat est “parfois” humide, ce risque sera bien plus important que dans le jardin d’un mas provençal.

Si vous habitez dans une région plutôt sèche et chaude, vous aurez tout loisir de rapprocher vos plants. Vous êtes doublement gagnant, car vous optimisez vos parcelles (plus de plants par mètre carré), et votre végétation y est plus dense. 

Quel est l’intérêt de cette densité de feuillage ? Les oiseaux n’arriveront pas à bien discerner les fraisiers dans cette végétation touffue, et vous aurez moins d’attaques.

Il n’y a donc pas de distance fixe, vous devrez l’adapter un peu à votre région. Disons que cette espace doit être d’autant plus important que votre climat est humide.

L’espace moyen qui convient à une majorité de jardins, c’est 30 cm en tous sens entre les plants. Vous pouvez réduire à 20 cm pour des régions plutôt sèches et chaudes, mais élargir à 40 cm pour les régions humides. 

Schéma explicatif de la distance à respecter entre des pieds de fraisiers. La distance moyenne est de 30 cm mais peut être raccourcie en région chaude.

J’ai enterré mes fraisiers sans prendre en compte cette histoire de collet. Je pense honnêtement que la plupart ont été correctement plantés, car j’ai eu une production l’année suivante. Cependant, certains plants ont paru peiner, et ne pas donner de feuilles comme les autres : peut-être était-ce en lien avec une plantation trop profonde… Pour l’espacement entre les  plants, j’ai bêtement suivi une logique de séparation de mon carré potager en 9 petits carrés sans trop me poser de questions. L’espace était celui globalement recommandé, mais aurait pu poser souci dans une région plus humide

Comment bien planter des fraisiers 

1 Immergez vos godets dans une bassine d’eau pour humidifier les racines. 

Laissez tremper pendant 10 minutes, surtout si le plant vous parait sec. 

Astuce : pour voir si le plant est bien humidifié, observez les bulles qui remontent à la surface: lorsqu’il n’y a plus de bulles, c’est que les poches d’air ont été remplies d’eau. C’est prêt !

2 Repérez les positions de vos plants dans votre parcelle.  

Voici la proposition d’un carré dans une région “standard” pour la première année.

Ce que je propose dans cet article, c’est de commencer par installer 9 plants dans chaque carré. Ils sont donc séparés par 40 cm la première année. Cela conviendra à tous. 

L’espacement peut vous paraître démesuré si vous vivez en région “sèche”.  Ceci dit, réjouissez-vous : la configuration vous laisse un superbe espace pour planter de nouveaux fraisiers issus de votre multiplication grâce aux rejets (stolons). Donc, pas d’affolement. La deuxième année, vos fraisiers seront plus rapprochés.

Pour les autres, en régions plus “humides”, si vous êtes précautionneux de nature, vous pouvez conserver la configuration  en l’état d’année en année. Vous ne planterez pas de nouveaux fraisiers dans le carré.

Vous criez à l’arnaque parce que vous voulez absolument multiplier vos fraisiers? J’ai de quoi vous apaiser: il est possible de planter les rejets dans une autre parcelle, nous le verrons plus loin.

3 Ouvrez un trou dans la terre à l’aide d’un transplantoir (c’est à dire une petite pelle à main).

Oubliez le plantoir conique (l’outil qui ressemble à une grosse carotte), il ne fait pas de trous assez larges. 

4 Placez une poignée de compost au fond du trou, si vous en avez.
5 Positionnez le plant afin que le collet soit bien au niveau du sol.

Plantez au bon niveau, n’enterrez pas le collet.  

Comment bien planter un fraisier. Schéma précisant le bon niveau d'enfouissement au niveau du collet.
5 Rebouchez le trou avec la terre
6 Repositionnez du paillis autour du plant.
7 Arrosez immédiatement tout autour de chaque plant.

Utilisez un arrosoir avec son goulot (donc sans sa pomme), afin de mettre la terre en contact avec les racines.

Remarques : si vous trouvez que votre carré est bien inoccupé, vous avez tout à fait le droit d’ajouter quelques plantes dans les espaces vides. Vous pouvez intégrer entre les fraisiers des légumes à faible développement, de petite envergure. Les laitues sont excellent exemple. Autre possibilité : plantez des fleurs qui attirent les pollinisateurs. 

A la fin de cette étape, si vous avez bien bossé, vous devriez contempler dans chaque carré 9 pieds suffisamment espacés, bien paillés, et bien arrosés. Excellent ! Mais ce n’est que le début. N’imaginez pas vous en tirer avec un simple arrosage initial, il faut travailler un minimum. C’est ce que nous allons voir tout de suite.

Etape 7: Arrosez suffisamment

Fraiser arrosé
Crédit photo : Mikael Kristenson

Si vous pensiez être tranquille à ce sujet, détrompez-vous, la fraise est une grande consommatrice  d’eau.

Car pour produire des fruits, le fraisier a besoin d’eau, donc un sol constamment humide. Il déteste la sécheresse.

Pas trop d’extrême inverse : si votre sol est constamment détrempé, vos fraises risquent d’être en contact avec le sol mouillé, et cela favorise leur détérioration. Les racines du fraisier risquent également de littéralement pourrir.

En pratique, le concept est de ne pas laisser la terre sécher entre deux arrosages.

L’idéal reste d’installer un arrosage au goutte à goutte. Je ne vais peut-être pas vous faire plaisir en disant cela, mais c’est quasi obligatoire dès que vous êtes dans une région chaude.

On estime qu’il faut 0,5 à 3 l par jour selon la météo, 3 litres correspondant aux périodes caniculaires.

La première année au potager, j’ai assuré arrosage à l’arrosoir ou au tuyau. D’une part, je sous-estimais totalement les besoins de mes fraisiers. Je pensais que la couverture de  paille suffirait à prévenir l’évaporation, mais clairement, les plantes manquaient d’eau; Je n’ai donc pratiquement rien récolté… L’année suivante, j’ai installé un goutte à goutte aux pieds des fraisiers, et le résultat a été radical: les fraises grossissaient  et étaient abondantes. J’ai utilisé un programmateur qui déclenchait l’arrosage tous les jours sur une durée déterminée.

Comment arroser les fraisiers:

Première option, l’arrosage à l’arrosoir à main classique. 

Il est difficile d’affirmer combien arroser et à quelle fréquence. Il y a énormément de paramètres à prendre en compte.

Votre indicateur doit être simplissime : votre index ! Positionnez le dans la terre le matin, et évaluer si les premiers centimètres sont frais.

En période chaude, vous devrez surement faire un arrosage tous les jours. Arrosez le soir.

Éviter d’arroser le feuillage : arrosez au goulot au pied du fraisier. Évitez d’éclabousser toutes les feuilles et les fraises. C’est un conseil valable pour d’autre plantes au potager, pour éviter certaines maladies, bien que ce ne soit pas toujours prouvé (les plantes sont bien arrosées par la pluie, qui ne s’amuse pas à éviter les feuilles…). 

Deuxième option : l’arrosage au goutte à goutte.

Je ne vais pas m’attarder sur l’installation d’un système de ce type, car cela nécessiterait un article en soi. 

La vidéo suivante vous expliquera les principes. Elle est tirée de la fantastique chaîne Youtube du Potager d’Olivier, que je vous conseille grandement. Olivier délivre ses conseils dans des dizaines de vidéos très complètes pour créer un potager familial, accessibles à tous, et toujours avec praticité. 

Je le reconnais, la vidéo sur l’arrosage serait à mon sens plus adaptée à un grand potager, mais c’est la plus complète en la matière :

Pour faire simple, vous pouvez acheter des kits tout prêts d’arrosage au goutte à goutte adaptés à des petits potagers. Ils sont assez bien conçus si vous débutez, surtout en mode “carrés potager”. 

Au niveau de votre robinet d’entré, vous pouvez raccorder un adaptateur de robinet double voies, qui vous permettra d’utiliser le deuxième pour votre arrosoir par exemple. C’est diablement pratique.

Au niveau des carrés, vous pouvez par exemple déployer un tuyau de gros calibre, d’où partent des tuyaux de plus petits calibres. Ces derniers alimentent des goutteurs directement aux pieds des fraisiers.

Un carré potager de fraisiers et son système d'arrosage au goutte à goutte.
L’utilité d’un programmateur

L’utilisation d’un programmateur n’est pas du luxe. Si vous avez un petit budget, vous êtes limité aux programmateurs manuels. C’est à vous que revient ‘l’effort” de lancer l’ouverture du robinet, A la manière d’un minuteur de cuisine pour cuire vos œufs, le programmateur arrête l’écoulement d’eau après une durée fixée à l’avance.

C’est rudimentaire… autant utiliser un programmateur qui s’enclenche automatiquement à fréquence fixe (toutes les 24h, 48 h par exemple) et sur une durée définie (30 minutes, une heure …). C’est le modèle que je préconise pour un premier potager. 

Pas besoin d’acheter un programmateur haut de gamme, c’est beaucoup trop cher pour l’utilisation que vous en aurez en tant que débutant. 

Un dernier conseil, valable pour tous les types d’arrosage : si vous observez de la moisissure grise sur vos fraises, c’est que vous arrosez trop. Limitez vos apports !

Vous avez désormais votre moyen d’arroser correctement mais … qui dit eau, dit limaces … Ces petites bêtes risquent de vous importuner. Et malheureusement, elles ne sont pas toutes seules à vouloir la part du gâteau…

Etape 8 : Limitez les nuisibles

La limace , l'animal qui aime manger vos fraises
Crédite photo : Wolfgang Hasselmann

Les fraises, vous les adorez. Il n’y a donc pas de raison que d’autres se privent de ces beaux fruits juteux.

Vos deux principaux concurrents : les limaces et les oiseaux.

Les limaces sont attirées par votre paillage. C’est un peu le problème : elles se logent dans ce délicat habitat que vous leur avez installé.

Les oiseaux repèrent les jolies fraises par leur couleur rouge qui ressortent de tout ce feuillage vert.

J’entends déjà les voix s’élever, et dire qu’il faut protéger tout ce beau monde. Oui, c’est juste. Mais il faut avouer que cela peut être TRES FRUSTRANT de voir sa récolte anéantie.

Essayons de trouver un compromis.

Etonnement, alors que 90% de mes laitues ont été dévorées, je n’ai pas eu énormément d’attaque de limaces sur mes fraisiers. Les oiseaux sont nombreux dans le jardin, j’ai constaté quelques assauts sans grande gravité. Peut-être ont-ils été attirés par l’énorme cerisier du voisin  à proximité. Je n’ai jamais eu besoin de filets. Comme quoi, chaque jardin a ses spécificités !

Comment lutter contre les limaces ?

L’éternel débat : comment lutter contre les limaces ?

Il n’y a malheureusement pas de solution miracle.

Dans ce domaine, tout le monde donne sa recette miracle. Certaines astuces de grand-mères relèvent de la croyance magique, sans preuve scientifique réelle. 

Je vais m’attarder sur l’astuce de la bière par exemple. Imaginez que vous placiez une soucoupe de bière, et vous vous observiez le lendemain matin une belle équipe de limaces noyées dans ce délicat houblon : vous vous diriez que ça marche du tonnerre!

Mais réfléchissez un instant : est-ce que ces limaces se retrouvent dans votre soucoupe parce qu’elles étaient là initialement, ou bien parce que l’odeur de la bière les a attiré du fond de votre jardin vers votre potager ?

Voici les 4 conseils qui me paraissent tout de même les plus adaptés pour la lutte contre les limaces : 

  • le ramassage à la main : le matin à l’aube, à peine sorti du lit. Efficace, mais quelle corvée !
  • Aiguilles de pins : comme je vous l’ai indiqué, elles sont adaptées aux fraisiers (pas toujours le cas pour les autres légumes ou fruits) donc autant en profiter
  • Tuile ou planche : posez-la dans le potager, les limaces se réfugient dessous, il suffira de les récupérer en la retournant.
  • Granules de phosphate ferrique (ferramol) : c’est un produit estampillé bio, a priori pas d’impact sur les animaux domestiques. Mais cela a un coût.

Peut-être connaissez-vous d’autres méthodes ? N’hésitez pas à me les partager.

Comment lutter contre les oiseaux

Passons aux oiseaux.

Il n’y a pas 36 solutions. La première, je vous l’ai citée : essayez de planter vos fraisiers suffisamment serrés pour obtenir un feuillage dense qui dissimule les fraises.

Mais cette option  n’est pas envisageable dans certaines régions.

L’autre solution, plus polyvalente, consiste à placer un filet.

Placez pour cela deux arceaux, et utilisez un filet à grandes mailles, de couleur foncée de 15 MM.

Une autre astuce simple pour éloigner les oiseaux consiste à accrocher des vieux CD à proximité de vos fraisiers.  La lumière du soleil se reflète dessus et dissuade les volatiles. C’est une technique très utilisée pour les arbres fruitiers, essayez de l’adapter à votre potager.

Si le cœur vous en dit, vous pouvez fabriquer un épouvantail !

Trêve de plaisanteries.

Vous avez maintenant de quoi vous défendre face aux envahisseurs….

Espérons que vous n’ayez pas trop de dégâts. Il ne faudrait pas gâcher le moment tant attendu de la récolte.  A ce propos, quelques conseils peuvent vous être utiles.

Etape 9: Entretenez, cueillez, dégustez 

Récolte de fraises au potager
Crédit photo : Farsal Chaikulngamde

La meilleure étape ! 

Vous pouvez récolter vos fruits, assez tôt dans l’année. Si tout est bien conçu, vous remplirez vos paniers tout au long de la saison. En pratique, la récolte commence en mai et finit en octobre, avec un pic en juin. 

Lorsque vous faites vos tour dans votre fraiseraie, ne vous focalisez pas uniquement sur les fraises, mais jetez un œil également aux fraisiers afin d’assurer leur entretien.

L’entretien des fraisiers en lui-même est un jeu d’enfant, vous n’avez pas à assurer une vigilance accrue. Un élément important concerne les stolons. Certes, vous pouvez vous en servir pour multiplier vos fraisiers (nous le verrons au prochain chapitre). Mais il est inutile d’en laisser trop pousser.

Pourquoi ? Parce que les stolons puisent de l’énergie à la plante mère. Conséquence : vous perdez en production de fruits.

Autrement dit, il sera nécessaire de couper certains de vos stolons, tout en conservant certains d’entre eux si vous envisagez de multiplier vos plants.

La première année  j’ai cueilli mes fraises au fil de l’eau en fin de journée, tout simplement parce que j’avais l’habitude de faire un tour dans mon potager chaque soir pour l’arrosage. L’année suivante, les coups d’œil étaient moins réguliers. J’ai découvert les stolons, sans savoir à quoi cela correspondait. Je les ai laissé tous pousser …sans considérer qu’ils pouvaient pomper l’énergie du plant au détriment des fruits!

Comment entretenir les fraisiers ?

Retenez simplement ces quelques éléments:  

  • repérez les maladies et les pieds douteux : en cas de feuilles jaunes, arracher les pieds atteints
  • Pensez à retirer stolons car ils puisent de l’énergie à la plante mère 

Comment bien récolter vos fraises ?

Suivez tout simplement ces quelques conseils de bonne pratique pour bien récolter le fruit de votre travail : 

  • Cueillez vos fraises lorsqu’elles sont bien rouges. Cela n’a aucun sens de les ramasser lorsqu’elles sont encore blanches, elles ne muriront après récolte.
  • Vérifiez que vous ne laissez pas des fraises mûres trop longtemps dans votre potager : elles se dégraderont rapidement. La vigilance doit être accrue en cas de pluie : l’humidité accélère le pourrissement. 
  • Retirez toutes les fraises suspectes de moisissures, elles risquent de contaminer les voisines
  • Cueillez vos fraises en fin de journée : elles se seront gorgées de soleil et de chaleur, et seront bien meilleures.  Cueillez-les au plus près de la dégustation. Il est en effet observé une chute rapide de la concentration en vitamines après la récolte.  Si vous les cueillez, c’est pour les manger dans les heures qui suivent.
  • Une fois cueillies, ne les plongez pas dans l’eau. Rincez-les simplement. Puis laissez-les une heure à température ambiante avant dégustation.

Vos paniers devraient se remplir tous les mois, de même que votre estomac…

Et en toute logique, ce dernier vous ordonnera de multiplier vos plants!

Digérez un peu tout ça, puis, passez au chapitre suivant.  

Etape 10 : Multipliez vos fraisiers et préparez la saison suivante

Je l’ai dit en introduction, l’intérêt majeur des fraisiers, c’est qu’ils forment des rejets appelés stolons, qui leur permettent de se multiplier. 

Schéma d'un fraiser et d'un stolon. Le fraiser émet un rejet qui donne un nouveau pied (plante fille) qui peut être replanté.

Je vous invite à observer ce drôle de phénomène qui apparaît dans la seconde partie de saison : de longues tiges aériennes poussent autour du plant de fraisier. A leur extrémité, un petit tas de feuilles, qui ressemblent étrangement au plant que vous aviez acheté quelques mois auparavant pour la plantation.

Un bébé fraisier !

Un plant de fraisier peut émettre plusieurs stolons, parfois jusqu’à 10 ! Et chaque stolon peut contenir 1, 2 voire 3 “mini-fraisiers” l’un à la suite de l’autre. Chacun peut s’enraciner au contact du sol.

Photo de stolons de fraisiers

Imaginez les possibilités offertes….

Vous pouvez forcer la nature en favorisant la plantation d’un mini fraisier dans la terre. On appelle ça le marcottage. Une fois qu’il s’est bien enraciné, vous coupez le “cordon ombilical” qui le relie au plant mère, et il fait sa vie. Comme un adolescent qui quitte le foyer parental.

Vous obtenez un nouveau plant de fraisier gratuitement.

C’est formidable pour vous : vous n’aurez plus besoin d’acheter en magasin de plant ! C’est beaucoup moins drôle pour les jardineries…

Cette histoire de multiplication par stolons, ce n’est pas qu’une question de désir de décupler vos pieds. C’est aussi un moyen d’assurer la survie de votre fraiseraie

Les fraisiers vont en pratique voir leur production baisser d’année en année. Prévoyez de multiplier vos fraisiers afin d’assurer vos arrières.

Ceci dit, certains jardiniers arrivent à maintenir des fraisiers plusieurs années, à condition d’amender le sol tous les ans, c’est à dire le rendre plus fertile. C’est ce que vous allez faire, chaque année en fin de saison, vers septembre ou octobre : préparer le sol pour la saison suivante.

Je ne me suis pas du tout renseigné sur la question des stolons quand j’ai planté mes fraisiers. J’ai découvert au mois d’août avec stupéfaction des longues tiges qui partaient de mes fraisiers en tous sens ! Après m’être renseigné sur internet, j’ai compris que je pouvais les planter. Heureusement, j’avais assez de place pour intégrer ces nouveaux fraisiers dans ma parcelle. Je n’ai pas apporté de compost en fin de saison, mais tout de même une bonne épaisseur de feuilles mortes, qui ont un peu nourri le sol.

Comment multiplier vos fraisiers ?

Concernant les stolons, vous devez définir dès le départ ce que vous allez en faire.

Si vous ne souhaitez pas multiplier vos fraisiers, c’est votre choix. Supprimez alors tous vos stolons pendant la saison, pour optimiser votre production de fruits.

Si vous voulez utiliser les stolons pour multiplier les fraisiers, vous pouvez être dans deux situations : 

1- Vous souhaitez de nouveaux fraisiers  à côté de ceux déjà en place. (car vous avez la place!)

Rien de plus simple.

Repérez vos fraisiers “coups de cœur”, ceux qui vous ont apporté les meilleurs variétés de fraises (ne cherchez pas à multiplier une variété quelconque!)

Conservez un stolon sur ce plant. Retirez les autres.

Si le stolon présente plusieurs nœuds l’un à la suite de l’autre, ne conservez que le premier.

Les stolons peuvent émettre jusqu’à 3 mini-fraisiers. Mais en pratique, seul le premier est vraiment productif. 

Positionnez le stolon dans les espaces vides de votre carré.

Enterrez la motte dans la terre, en respectant les mêmes principes généraux de plantation de fraisier (ne pas enterrer le collet)

Arrosez bien

Attendez 3 à 4 semaines.

Coupez la tige du stolon qui relie le jeune plant au plant mère après cette période. Faites une coupure à ras du plant mère et une à ras du plant fille.

Ne coupez pas trop tôt ! Il faut attendre que le plant s’enracine. Le plant mère lui fournit l’énergie nécessaire. Une petite astuce que j’utilise : lorsque vous plantez vos stolons, positionnez une grosse pierre sur le cordon pour caler l’ensemble.

Carré de fraisiers avec plantation de nouveaux pieds issus des stolons , dans les espaces vides
Les nouveaux fraisiers peuvent être plantés dans les espaces vides, comme ici les espaces centraux.

2- Vous souhaitez de nouveaux fraisiers, mais vous n’avez pas de place suffisante pour les planter à proximité. 

Peut-être que votre fraiseraie est déjà bien dense. Peut-être que vous ne souhaitez pas rapprocher davantage vos plants pour une question d’humidité.

Ne désespérez pas ! Vous pouvez très bien faire pousser de nouveaux plants dans une autre parcelle, à distance. Mais comment fait-on ? Les stolons ne mesurent pas 10 mètres de long !

C’est bête comme chou.

Remplissez un pot de terre d’un mélange de terreau et de terre.

Placez-le à côté de votre plant de fraisier

Enterrez la jeune pousse du stolon dans le pot comme sur le schéma ci-dessous.

Placez une attache afin de fixer le stolon au pot.

Utilisez une agrafe en métal ((disponible au rayon jardinage)

Comment multiplier un fraisier. Schéma d'un pied de fraiser et d'un stolon que l'on enterre dans un pot.
Une bonne manière d’en faire profiter les potes jardiniers …

Arrosez bien. 

Patientez 3 à 4 semaines, le temps que le plant s’enracine bien. 

Assurez-vous de bien arroser le pot : il faudra être vigilant sur ce point, car la terre peut vite sécher dans ces conditions. Votre fraisier risque de mal s’enraciner.

Coupez la tige du stolon après cette période.

Vous obtenez un plant indépendant, que vous pourrez planter où bon vous semble dans votre jardin. 

Vous pouvez également l’offrir à un ami qui en a besoin !

Comment bien préparer la saison suivante ?

Quelle que soit la façon dont vous gérer vos stolons, il sera important de préparer votre sol en fin de saison, vers septembre /octobre, lorsque les dernières fraises sont récoltées.

Répétez tout simplement l’étape 2 et 3. Autrement dit : 

  • Apportez une bonne grosse dose de compost
  • Mélangez-le à la terre
  • Renouvelez vos paillis

Et vous voilà prêt pour affronter l’hiver sereinement !

Faites ces gestes tous les ans, et votre sol sera correctement nourri. Vous avez toutes les chances de conserver vos fraisiers plusieurs années.

Conclusion 

Fraises de potager en gros plan
Crédit photo : Sara Cervera

Je vous ai montré comment cultiver de belles et délicieuses fraises dans votre potager, même si vous partez de rien.

Vous avez compris qu’il y a quelques points clefs à bien respecter.  Voici une check list des éléments les plus importants : 

  • Apportez du compost (ou équivalent) en grande quantité
  • Paillez votre parcelle, dans l’idéal avec des aiguilles de pin
  • Achetez un beau mélange de variétés remontantes et non remontantes
  • Espacez bien vos plants si votre climat est humide et n’enterrez pas le collet
  • Arrosez pour maintenir une humidité constante du sol, privilégiez le goutte à goutte
  • Mettez si besoin un filet anti-oiseaux, faites la traque aux limaces
  • Cueillez les fraises lorsqu’elles sont bien rouges, et dégustez-les dans la foulée
  • Retirez certains stolons, conservez en pour planter les rejets à proximité ou dans un pot

Oui, je sais , le potager, ce n’est pas facile lorsque l’on débute. Vous avez pu le constater, en lisant mes petites histoires personnelles, que l’on peut faire beaucoup d’erreurs si l’on n’est pas bien informé. Et perdre un temps fou.

Il y a certainement d’autres conseils et astuces sur la culture de la fraise que je ne connais pas, et qui mériteraient d’être citées.

Mais à présent, vous avez un guide clé en main pour vous lancer dans l’aventure. En appliquant tous ces conseils, vous obtiendrez de délicieuses fraises à déguster pendant tout l’été.

Maintenant, commencez tout simplement par repérer quel sera l’emplacement idéal de votre fraiseraie, une zone bien ensoleillée et proche de votre arrivée d’eau. 

Cet article vous a plu ? Je vous serais très reconnaissant si vous partagiez ce guide sur Facebook pour en faire profiter un maximum de personnes. Il suffit de cliquer sur l’icone « Facebook » un peu plus bas. Merci par avance!

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Catégories : Culture

3 commentaires

François · 04/03/2020 à 2:21

N’hésitez pas à laisser un commentaire en lien avec cet article. La saisie de votre adresse mail est facultative.

John · 14/05/2020 à 7:04

Encore un article très intéressant et pragmatique, j’ai hâte de faire la même chose dans ma future maison (plus que quelques mois, on l’a trouvé ! 🙂 )

François · 14/05/2020 à 11:30

Félicitations ! Merci pour tous ces commentaires . Ils permettent d’améliorer la visibilité des articles sur Google . En plus d’être très motivants !

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